AUX ÉLECTEURS DE LA CHARENTE
Paris, 27 mars 1848.
C'est pour moi un devoir de répondre à ceux de mes compatriotes de la Charente qui ont bien voulu m'appeler à la candidature par leurs lettres et m'exprimer des sentiments de sympathie dont je suis profondément touché.
La France aussi appelle à l'Assemblée constituante des hommes nouveaux. Ce sentiment est juste après une révolution plus sociale que politique et qui a enseveli dans ses débris les catégories haineuses des anciens partis.
Mais les hommes nouveaux qu'il lui faut ne sont-ils pas ceux que des travaux constants et difficiles ont préparés à la discussion des affaires publiques et à la vie politique?
Ceux qui se sont tenus en réserve dans leur retraite sont pareils à des combattants dont le corps d'armée n'a pas encore donné.
Ce sont là aussi des hommes nouveaux et je suis de ceux-là.