‹ CorrespondanceChapitre 13 sur 112 · GENDARMES DE LA GARDE · texte numérisé non relu

GENDARMES DE LA GARDE

Demande

Alfred de Vigny, âgé de dix-neuf ans, demande à être reçu comme lieutenant en premier dans le 6^ régiment de la Garde royale (infanterie), commandé par ^lonsieur le colonel de Beurnonville.

11 appartient à une famille constamment dévouée au Roi. Tous ses oncles ont servi avec distinction dans les différents corps de l'armée et de la maison du Roi ; l'un deux est mort capitaine aux Gardes françaises, deux ont été tués à l'armée de Condé.

Sa famille maternelle ne s'est pas moins distinguée dans les armes; son grand-pére était clief d'escadre avant la Révolution, et a été victime de sa fidélité à la cause royale, ainsi que son fils, lieutenant de vaisseau, qui périt à Quiberon.

Etats de services

Entré dans la compagnie des Gendarmes de la Garde, le 4 août

Parti le 20 mars pour escorter le Roi, quoique grièvement blessé, est revenu à Béthune lors du licentiement (sic).

Exilé à trente lieues de Paris, y est denaeuré, jusqu'au retour du Roi, pour s'occuper de sa guérison.

ALFRED DE VIGNY

Vous pouvez dire hardiment, Monsieur, et c'est la seule chose au monde dont je menorgueillisse, que durant ces treize années de service, entré lieutenant, sorti capitaine, je ne dus ce seul avancement qu'à l'ancienneté ; dépourvu de talent pour l'intrigue, jamais aucun homme n'a vu mon nom au bas d'une demande, et à ce ministère qui vient de tomber, et dans lequel je comptais parents et amis, je n'ai demandé que le repos dont je jouis.

Mes ouvrages, fruits imparfaits du désœuvrement militaire, furent Helena, Eloa, le Déluge et, depuis, Cinq-Mars. Le premier n'a d'autre mérite que sa date qui rappelle une époque où la mode de l'intérêt pour les Hellènes n'était pas encore venue.

Voilà, Monsieur, le peu que je sais sur mon compte, le peu que j'ai fait, et le peu que je suis.

Votre dévoué serviteur.

ALFRED DE VIGNY

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