A MONTALEMBERT
20 avril 1831.
Comment voulez- vous que je ne vous remercie pas, Monsieur, du mot aimable que vous avez laissé tomber de votre plume sur l'auteur de Cinq-Mars ^ Je le regarde comme une preuve de votre amitié et à ce titre seul j'accepte l'éloge que vous voulez bien me donner en passant. Je vous prie de vouloir bien vous charger aussi de mes remerciements pour la personne qui a parlé de
1. Dans l'un des deux articles qu'il venait de consacrer à Notre- Dame de Paris, Montalembert disait de Victor-Hugo : « Il nous semble éminemment propre à fonder en France le roman historique, et nous lui souhaitons la gloire de doter, en commun avec l'auteur de Cinq-Mars, notre patrie de cette littérature si féconde et si attrayante » {LAfenir, 28 avril 1831).
CORRESPONDANCE d'aLFRED DR VIGNY. 43
l'Élévation^ et que je ne connais pas. Il faut me pardonner de n'avoir pas encore envoyé une deuxième Lettre Parisienne'^. J'en écrirai une bientôt à travers mille occupations et des commencements d'ouvrages que j'achève. Je suis loin de renoncer à occuper do temps à autre quelques colonnes de votre journal et j'ai bien des petites choses à dire au public entre les intervalles de mes compositions.
Tout à vous.
ALFRED DE VIGNY
XMX
A SAI.NTE-DEUVE
31 juillet 1831.
Il se passera bien du temps, mon cher ami, avant que j'oublie votre lettre sur la Maréchale d'Ancre ' , autant qu'il en faudra à tout lecteur de Joseph Delorme pour oublier ses beaux vers, toute une vie par exemple. Vous
1. Dans les numéros du 15 avril et du 4 mai 1831, il a été parlé de « Paris, élévation, par M. le comte Alfred de Vigny ».
2. Une Prem ière Lettre Parisienne, Mœurs et Beauoc-Arts, signée Y, avait paru dans V Avenir, le 3 avril 1831. Voir plus loin, à l'appendice, le texte de cette lettre.