Mère de Baudelaire, lequel venait de mourir
cet enire-denx pénible ot obscur qui n'est ni la vie ni la mort. Le voilà enfin entré dans la pure région de la mémoire et du ])oétiquc souvenir. 11 nous sera permis de penser à lui dans cette partie de lui-même si distinguée et si fine qui composait sa physionomie morale. C'est au soin de rassembler tout ce qui peut la transmettre que doivent désormais se consacrer ses intimes amis. Il faut que son profil reste gravé dans les médaillons de ce temps.
Malade moi-môme, invalide et infirme depuis plusieurs mois et sans espoir de reprendre ma vie sociale, je me vois obligé de n'assister que de loin aux derniers devoirs que lui rend l'amitié; mais j'y prends part de toute ma pensée et de tout mon cœur.
Veuillez agréer, madame, l'assurance de mes douloureux et respectueux sentiments.
CDLÏV.
A M. R. CHANTELAUZE
Ce 20 septembre 18G7.
Cher monsieur et ami,
Je voulais toujo\irs vous écrire, et j'attendais pour cela que notre vaisseau fût lancé et mis à flot. Mais, comme il y a toujours du retard, je ne sais pourquoi, et que cela * peut durer encore plus d'une quinzaine,je viens tout de suite vous remercier de vos aimables communications, — et de celle
DE C.-A. SAINTE-IiEUVE.
(le votre spirituelle amie*, qui me donneunpeu de confusion au milieu du plaisir, — et do la lettre du général Changarnier, lequel je sais être une véritable autorité littéraire. Où est le temps oi^i je le rencontrais souvent et où je jouissais de cette conversation si diversement animée et instructive ? Je lui ai dû, lors de ma candidature à l'Académie, la voix de M. de Lacretelle qu'il a enlevée comme si c'était une redoute. Je n'ai jamais oublié ces temps agréables et qui font dans mon souvenir comme une autre vie antérieure et réservée. — Ne vous souciez pas de ce que disent les journaux à notre sujet; je n'ai fait aucune lecture en petit comité. Ma préface n'a que quatre pages tout au plus. 11 n'y a de vrai que notre prochaine publication qui remettra lout à point et dans le vrai. Ma santé non plus n'est on rien changée ni améliorée. C'est assez qu'elle ne soit pas pire.
Agréez, cher monsieur et ami, l'assurance de mes sentiments dévoués.
CDLV.