A M. PIERRE LAROUSSE
Ce 24 octobre 1867.
Monsieur et très-bienveillant critique.
J'ai reçu des mains de notre ami le docteur (Veyne) et je lis avec grand plaisir et avec un chatouillement que vous concevrez, l'article considérable et si étudié que le Grand Dictionnaire veut bien consacrer à mes Causeries, Un auteur (fût-il le plus exigeant) ne peut, en lisant de telles pages sur son compte, éprouver d'abord qu'une sorte de confusion et beaucoup de reconnaissance. On ne saurait se juger soi-même, surtout au moment oii l'on se voit jugé par
d'autres d'une façon si complexe, si multiple et toujours flatteuse et agréable. Je ne puis donc, mon cher monsieur, que vous adresser mes bien sincères remercîments. Sur un ou deux points de dates, je signale les rectifications à faire pour parfaite exactitude.
S'il m'est permis de remarquer, parmi tant de détails, celui qui m'a fait le plus de plaisir, et qui, à la réflexion, est pour moi-même d'une sensible vérité, c'est qu'en eff'et, comme vous le dites, presque chacun de ces articles a été pour moi comme un voyage d'agrément à travers mon sujet. J'ai passé successivement huit ou quinze jours chez un hôte de mon choix. Tant qu'on est chez lui, c'est bien la moindre des choses qu'on ne lui épargne aucune politesse. Il sera to ujours temps, quand on se sera éloigné, et sans être pour cela ingrat ni malhonnête, de reprendre peu à peu un plus franc parler.
Veuillez agréer, cher monsieur, l'assurance de mes sentiments très-obligés et dévoués.
CDLXIII.