A M. JULES LEVALLOIS
Ces décembre 1867.
Mon cher ami,
Vous ne pouvez douter du plaisir que j'aurais à vous être agréable. Écrire à un directeur général que je ne connais pas ne serait rien, et je passerais sur mes scrupules de réserve. J'y ai bien passé hier en recommandant
Mais veuillez savoir que M. Vandal est le gendre de M. Heeckereni. Vous vous rendrez alors parfaitement compte que je ne puis, à aucun prix, m'offrir dans la position de désirer être obligé envers lui.
Vous me parlez du Sénat comme si j'étais aussi en état d'y aller. Mon mal est très-sérieux et me tient sans plus
à Sâinte-Beuve par son ami M. Chantelauze les lettres et papiers provenant de son grand-père. Sainte-Beuve en fit l'article intitul" Camille Jordan et Madame de Staël, qui parut d'abord dans là Revue des Deux Mondes et a été recueilli, depuis, dans les JVoi veaux Lundis, t. XII.
1. Témoin de M. Lacaze dans le célèbre duel proposé par c dernier à Sainte-Beuve, à l'occasion de la discussion du Sénat su la bibliothèque populaire de Saint-Étienne.
DE C.-A SAINTE-BEUVE
devoir me lâcher. C'est à travers cela que je tâche de sauver le matin quelques heures d'étude.
La révision de Port-Royal était une grosse épine. Je me suis senti bien soulagé de l'avoir hors du pied.
Je suis à vous de tout cœur.
P,-S. — Il y a dans les Libres Études d'Athanase Coquerel un chapitre sur Augustin du Fossé. Cela m'a rappelé votre ancienne visite au pasteur Paumier. Ici, nous avons une révélation complète. Vous trouveriez là peut-être un sujet à quelque méditation morale et religieuse.
CDLXXXI.
A M. LASSEAU, DE CLE IlMONT-FERRAND.
Ce 9 décembre 1867.
Monsieur,
Je vous remercie avant tout du témoignage de confiance que vous voulez bien m'accorder. Je fais en effet partie de la commission!. J'ajouterai que c'est tout honoritiquement, car l'état de ma santé est tel, que je ne crois pas être sorti deux fois de chez moi depuis cette affaire du Sénat à laquelle vous vous reportez dans votre lettre. Je ferai exécuter ponctuellement vos désirs par mon secrétaire. Je prévois seulement le cas où l'on ne voudra pas recevoir au Siècle une souscription de plus de cinquante centimes. 11 faudrait alors distribuer le reste des trois francs sous forme de cinq anonymes.
1. La commission pour la souscription à la statue de Voltaire.
Permettez-moi de vous dire, monsieur, que je comprends et partage tout à fait le sentiment sous lequel vous agissez. Cette dernière séance a été grave en ce sens qu'on a vu des hommes, jusque-là organes des idées de civilisation (Thiers, par exemple), venir défendre sans vergogne un abus décrépit qui croule de luimême, et qui s'affaisse de sénilité. On a vu un ministre de l'empereur dépasser assurément son mandat dans la forme et dire jamais! comme si tous ceux qui depuis quarante ans du haut de la tribune ont dit jamais! à commencer par M. de Serre, n'ont pas eu le démenti du lendemain. Tous ceux qui aiment l'Empire au même titre que moi ont dû être profondément attristés, de la déviation qu'a fait subir à la politique du chef la déclaration compromettante de l'ancien éloquent avocat de Clermont, Oh ! que M. Thiers s'est mépris lorsqu'il a dit dans son discours que, si Voltaire revenait au monde, il ne ferait pas la même chose! Voltaire aurait encore à défendre le sens commun, et cette fois contre M. Thiers.
Veuillez agréer, monsieur, l'assurance de mes sentiments très-distingués.
CDLXXXIl.