DU
AU MÊME
Ce 21 février 1868.
Mon cher ami,
Je vous remercie de la brochure. Elle a pour moi de l'intérêt plutôt comme étude que pour l'usage... — Barbier, fort exact, a réfuté l'idée que Camille ait étudié au grand séminaire. 11 était au petit séminaire, c'est-à-dire au pensionnat tenu par les Sulpiciens. Je ne vois pas trace de cette brochure, lancée au retour d'Égypte. La brochure en question est celle qu'il fit sur le Consulat à vie. — Mais nous savons tout cela par les pièces mêmes; ce qui est plus sûr que de vagues souvenirs. — Pour le moment, la barrière est close. Cinquante-deux pages de la Reçue des Deux Mondes me paraissent un morceau suffisant. A la réimpression, je ferai un très-léger choix dans le dernier paquet pour quelques lettres les moins connues ou se rapportant à la dernière période politique de Camille. — Puisséje avoir dignement et gravement profité de cette occasion de couronner une mémoire intéressante d'orateur homme de bien!
Tout à vous.
DIIÏ.
AU MÊME
Ce 28 février 1868.
Mon cher ami,
C'est bien le l^^" que je parais, que nous paraissons. De tous les lieux (et ils ne sont pas nombreux) où je pouvais insérer le morceau, la Revue des Deux Mondes était le plus indiqué, et cela y allait comme de cire. Mais cette Revue est assez absolue dans ses habitudes : nous y paraissons, et voilà tout. Je n'ai ni exemplaires, ni tirage à part, ni bonnes feuilles. LdL Revue est partout: tout le monde peut la lire. Quant à reproduire in extenso l'article, cela me paraît un peu fort, car il appartient pour un temps qui n'est pas déterminé, il est vrai, au directeur de la Revue: ce qui n'empêche pas, à mon sens, qu'on n'en puisse citer des extraits tant qu'on voudra, et le morceau est assez long pour qu'on choisisse.
Ce n'est que lorsque j'aurai recueilli, dans un volume à moif ce premier essai, en l'accompagnant d'un petit appendice sur le Camille Jordan de la Restauration, (dans lequel j'userai de votre dernier envoi de lettres), ce n'est qu'alors que je pourrai envoyer à M. de Gravillon et aux personnes qu'il me désignera le tome des Nouveaux Lundis que sa bienveillance aura tant contribué à enrichir. Veuillez vous faire mon interprète auprès de M. de
DE C.^A. SAINTE-BEUVE
Gravillon et aussi auprès de M. Lenormant, lequel, en homme habitué à la presse, saura bien ce qu'il peut faire et comment tailler en présence de ce gros morceau. A vous de tout cœur.