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A M. S. LÉOTARD, SOUS-BIBLIOTHÉCAIRE DE LA VILLE, A MONTPELLIER

Ce 31 mars 1868.

Mon cher monsieur.

Je reçois avec bien de la reconnaissance le résultat de vos recherches. Les moindres billets eux-mêmes ont leur intérêt : cela donne le ton de ces hautes intimités et de ces

1. M. Léotard avait envoyé à Sainte-Beuve des copies de lettres de madame de Staël ou relatives à elle, extraites du fonds du peintre Fabre et provenant de la succession d Alfieri et de la comtesse d'Albany, dont la ville de Montpellier a hérité à son tour par le legs de Fabre.

agréables flatteries de société. Le passage de la lettre de M. de Rocca sur la maladie de madame de Staël et sur cette fausse convalescence est curieux; il indique le genre de maladie auquel elle a succombé. Le petit passage de l'autre lettre où l'on voit la diff"érence de sensation produite par la mort de madame de Staël et par celle de Suard, n'est pas moins curieux. C'est ainsi que les choses se passent. Madame de Staël aurait mérité d'avoir des funérailles comme Mirabeau : on en fit de magnifiques à Suard, mais le lendemain on ne pensait plus à lui. — Êtes-vous sûr des noms propres copiés? Je sais que l'écriture de madame de Staël doit se lire avec l'esprit encore plus qu'avec les yeux : vous avez les yeux et l'esprit; mais, pour les noms propres, à quoi sert l'esprit?

Veuillez agréer encore une fois, cher monsieur, l'expression de ma gratitude et de mes sentiments dévoués.

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