‹ CorrespondanceChapitre 147 sur 223 · A M. MARC DUFRAISSE · texte numérisé non relu

A M. MARC DUFRAISSE

• Paris, CG 20 avril 1868,

Monsieur et cher absent,

Permettez-moi Je vous appeler ainsi et de vous remercier directement des témoignages d'attention que j'ai reçus de vous. J'ai sous les yeux la seconde édition de votre Histoire du droit de paix et de guerre; de ce livre à la fois substantiel et spirituel, généreux d'inspiration, positif de recherche, et composé, comme on le faisait autrefois, avec l'imprévu du talent. Vous avez bien voulu tenir compte d'une question de détail qu'on vous avait adressée, et la réponse est victorieuse en même temps que l'anecdote reste piquante. Il en a été à peu près de Ravaillac comme de Louvel, — ce dernier personnellement insulté par le duc de Berry et se vengeant. Je conçois et comprends, croyez-le, le sentiment fondamental, cette sorte de rancune patriotique qui respire dans votre œuvre et qui en fait la séve amère : ceux mêmes qui sont placés à un point de vue tout différent et que les circonstances avaient jetés dans d'autres voies, se retrouvent, après des années, d'accord avec vous sur certains points essentiels; et celui qui fait l'objet de votre livre n'est pas le moindre. Oh! combien il serait à souhaiter que ce pays de France, à force d'épreuves, de mécomptes, d'essais de toute sorte, mûrît enfin pour la pratique de la liberté et

d'une raisonnable conduite de lui-même! Bien des choses qui se passent à la surface, — à la seule surface, je l'espère, — seraient de nature à en faire douter; et pourtant il y a un progrès lent et profond qui, ce semble, doit se faire jour et prendre le dessus. C'est notre vœu commun.

Veuillez agréer, cher monsieur, l'assurance de mes sentiments de haute estime et de sympathie.

P.-S. — Je présente mes compliments à M. Rambert. DXXV.

A M. BERGMANN

Paris, ce 22 avril 1868.

Mon cher doyen,

J'ai à écrire sur Ampère. Il est un des premiers ch nous qui se soient souciés de la littérature du Nord et la Scandinavie. Il en avait, ce me semble, reconnu les riva ges comme un navigateur qui passe vite et qui ne f* qu'effleurer les côtes. Que vous semble de ce qu'il a éc de l'Edda? Je crois que sa note, bien que rapide, était jus" Voudriez- vous me dire en deux mots ce que vous en pensez, si tant est que vous y ayez pris garde ? j

Mais, quant au fond même de cette littérature norrique, il j ne l'avait pas creusée et il en était resté à la première | écorce, n'est-ce pas?

Je suis à vous de tout cœur.

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