Le diner du vendredi-saint
poser chez aucun de messieurs les sénateurs une crédulité qui serait vraiment attristante.
Si la parole m'est donnée comme vous avez daigné m'en assurer, je me rendrai, le jour dit, à la séance; j'y parlerai en toute modération, selon mon devoir et ma conscience; si (ce que je ne puis admettre) quelque interpellation outrageuse m'était adressée, je me refuserais à y répondre; et, si votre équitable bienveillance ne parvenait point à me faire écouter, je rentrerais chez moi une demi-heure plus tôt pour ne retourner de nouveau au Sénat que le jour oii I s'ouvrirait la discussion sur le rapport de M. Chaix d'Est- Ange, où je me sens appelé en vertu de mes convictions les plus profondes.
J'y renouvellerais le même eÔort et je ferais en sorte de concilier deux devoirs : celui de me mettre en avant pour i défendre les vérités politiques que je crois utile de faire en- I tendre, et aussi le devoir qu'a tout honnête homme qui a 1 déjà un pied dans la vieillesse, et dont la santé est ébranlée, I de ne pas venir se faire insulter et menacer au delà du ' nécessaire.
Je dis menacer et insulter, monsieur le président, car jj veuillez vous souvenir de ce qui s'est passé et du rôle qui 1 m'a été fait de la part de quelques sénateurs. Je n'ai nomi- " nalement de près ni de loin attaqué personne: le principe de toutes ces colères vient de ce que, entendant une déclamation extra-politique, j'ai défendu un ami, un noble écrivain absenté Objet moi-même d'attaques et d'apostrophes sans exemple dans une telle assemblée, je n'ai répondu dans la