A M. A. -S. MORIN
Ce 27 mai 1868.
Cher monsieur,
Vous avez bien raison de les appeler des sycophantes. Ils ne font que calomnier et ils le font avec ténacité, par instinct, comme par devoir, comme le chien chasse de race. On a beau les prendre la main dans le sac, ils répondent : « Oui, je me suis trompé cette fois, mais ce que j'ai dit n'en est que plus vrai pour toutes les autres fois. » Ils ont tant fait qu'ils ont porté l'émotion et le trouble dans une École studieuse : mais ils ne prévaudront point; ils en seront pour leurs frais, j'espère, et ils n'auront contribué qu'à donner plus de fermeté à toutes les consciences qui repoussent leur odieuse ingérence et qu'indigne leur tortuosité.
Veuillez agréer, cher monsieur, tous mes compliments, et mes remercîments pour votre dernier ouvrage ^ qui ne laisse rien passer, et l'assurance de ma haute estime.
\. De la Séparation du spirituel et du temporel.
DE C.-A. SAINTE-BEUVE