A M. GEORGE FRANCIS ARMSTRONG K
Paris, 17 décembre 186;;.
Monsieur,
J'ai été sensible comme je l'ai dû à l'envoi poétique dont vous m'avez honoré. J'ai pris un douloureux plaisir à voir vivre devant moi cette jeune figure de poëte si délicate, si distinguée, si précocement douée en toute chose. Bien des poètes charmants ou supérieurs sont morts jeunes : votre frère se distingue entre tous par une physionomie particulière, par un composé d'élévation, de pureté et de tendresse. 11 aura sa place à part, ce me semble, dans ce groupe immortel et touchant des Kirke White, des Keats, ... et son jeune astre continuera de briller aux yeux de quiconque étudiera la poésie anglaise, celte poésie (autant que je puis en juger) la plus riche de l'Europe moderne.
Veuillez agréer, monsieur, l'expression de ma gratitude et de ma considération respectueuse.
1. En recevant un exemplaire des Poésies anglaises d'Edmond J. Armstrong, publiées par son frère.
DE C.-A. SAINT K-lîEUVK