‹ CorrespondanceChapitre 24 sur 223 · A M. LE DOCTEUR GÉRARD PIOGEY · texte numérisé non relu

A M. LE DOCTEUR GÉRARD PIOGEY

Ce jeudi 28 décembre 1S65,

Cher docteur,

Nous commençons : je me flattais de n'avoir pas besoin de médecin, et voilà que j'ai peut-être besoin non-seulement du médecin, mais aussi du chirurgien. Ce n'est qu'une bagatelle, je le crois ; mais enfin, si vous pouviez venir me voir, je vous serais obligé. J'y serai ce soir à partir de sept heures, et demain vendredi toute la journée, et samedi dans la matinée seulement.

Agréez, cher docteur, mes amitiés.

A M. JULES CLARETIE

Ce 3i décembre 1865.

Cher et aimable peintre,

Décidément je suis gâté, vous me faites tel que je voudrais être, non tel que je suis; vous ajoutez dans le sens des qualités et vous les perfertionnez en les définissant; les défauts s'effacent, et me voilà comme j'aime à être montré aux amis et aux ennemis. Que dis-je, enne-

DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 47

mis ? on n'en a plus quand on est présenté de la sorte. Je suis touché de vous voir mettre ainsi votre talent au service de votre bienveillance, et je suis singulièrement flatté d'une bonne grâce qui fait commencer l'année à Vlllustration par une image si agréable de moi. C'est ainsi qu'on devient un saint du 1^^' janvier. Et de son vivant! c'est trop. Je vous serre cordialement la main.

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