‹ CorrespondanceChapitre 27 sur 223 · A M. LE DOCTEUR GÉRARD PIOGEY · texte numérisé non relu

A M. LE DOCTEUR GÉRARD PIOGEY

Ce 12 janvier 1866 (vendredi).

Cher docteur,

Je ne puis me le dissimuler, cela augmente. Je m'en suis aperçu dès dimanche dernier. Le soir, je me suis décidé à écrire à mon ami Ricord pour avoir son avis. Jl est venu lundi matin, m'a fort examiné, a approuvé ce que vous m'aviez dit de faire et surtout de ne pas faire; il a paru cependant admettre le cas possible où il y aurait à agir. Je vous espérais un de ces matins, ce qui fait que je ne vous ai pas écrit. Je m'abstiens de tout, je sors peu, sinon en voiture, et je m'observe. J'ai toujours peine à croire que ce ne soit que de l'œdème et qu'il n'y ait pas là quelque petit principe actifs. Si cela augmentait pourtant, n'y aurait-il pas nécessité de faire ? faut-il uniquement patienter et laisser venir? vous plairait-il en confér er avec Ricord? — Remarquez bien que je ne vous presse en rien; mais, étant îorcément mon propre observateur, il m'est impossible de ne pas vous faire remarquer le léger accroissement de la difformité. Je ne sens rien d'ailleurs : seulement, depuis que je suis averti, il me semble quelquefois avoir la sensation d'un léger chatouillement. Mais c'est peut-être une illusion. — Yoilà ma confession de la semaine, cher docteur.

Agréez mes amitiés.

1. Sainte-Beuve avait raison : le mal dont il se plaignait était produit par la présence des calculs révélés à l'autopsie.

DE C.-A. SAINTE-BEUVE. 53

CGCXXX.

^ Ce 13 janvier 1866 (samedi).

Cher docteur,

Je reçois un mot de M. Ricord qui me dit qu'il sera chez moi lundi matin à neuf heures et demie, heureux de s'y rencontrer avec vous.

Tout à vous.

A M. TROPLONG

22 anvier 1866.

Monsieur le président.

Je tiens à vous offrir mes excuses, — à vous personnellement, — et à vous expliquer que, quoique l'état de ma santé soit meilleur, et suffise k ma vie à domicile, je ne suis point de force, quant à présent du moins, k suivre les séances et les travaux du Sénat. En effet, je ne puis à aucun degré supporter le mouvement de la voiture, et, bien que voisin du Luxembourg, ce trajet suivi de quantités d'autres petits trajets, avec le temps de la séance et la nécessité du retour, toujours à pied, dépasse mes forces

habituelles. Je désirais vous donner ces explications, monsieur le président, pour que, vous qui vous êtes montré si indulgent à mon égard, vous veuillez entrer dans les raisons trop réelles que j'ai pour mon peu d'assiduité.

Veuillez agréer, monsieur le président, l'hommage de mon respect.

CCGXXXII.

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