CORRESPOND ANC K
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NOTE SUR M. RERGMANN
12 mars 186".
Voici le fait: M. Bergniuiin, ami de jeunesse de Proudhoii, resta constamment lié avec lui malgré leurs dissidences: il lui faisait des objections et lui donnait des conseils la plupart du temps inutiles ; mais Proudhon l'estimait, l'aimait et, vers la fin, le révérait. J'ai publié, dans de longs articles de la Reoae contemporaine, quantité d'extraits de leur correspondance, qui est à l'honneur de tous deux et qui est faite pour donner de Bergmann la plus haute idée morale. Proudhon, en mourant, Ta nommé, avec cm^ autres amis, un de ses exécuteurs testamentaires pour l'édition de ses œuvres. Bergmann n'a accepté qu'en disant à ces autres messieurs qu'il ne pourrait leur être d'aucune utilité à cause de son éloignement et de son confinement dans la science. Mais, lorsque, ces messieurs à Paris jugèrent à propos (à tort ou à raison) de publier la Bible annotée par Proudhon, ils lui écrivirent: (f Vous pouvez nous être utile et vous nous êtes nécessaire pour revoir les textes hébreux ou grecs auxquels nous n'entendons rien. » Bergmann consentit à revoir ces textes.
Lorsque l'on commença par les Évangiles annotés, on lui envoya les épreuves ; il revit les textes et renvoya les
l. Se rapporte à la lettre précédente.
DE C.-A. SAINTE-BEUVE
épreuves avec un bon à. tirer sur ce point spécial. Là-dessus, dans le procès qui fut intenté à l'imprimeur et au libraire au sujet des Évangiles, le libraire, M. Lacroix, argua de son ignorance et fit plaider par son avocat qu'il s'était cru couvert par les bons à tirer d'un savant, d'un membre de l'Université comme l'était M. Bergmann. Ces paroles ne tombèrent point dans l'eau. Des ennemis s'en emparèrent, un parti s'en i
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