‹ CorrespondanceChapitre 55 sur 223 · M. Philippe Serret · texte numérisé non relu

M. Philippe Serret

remercier; car, dans un journal hostile et qui a un parti pris, j'ai été cette fois non injurié, mais plutôt traité agréablement au point de vue littéraire. Seulement je n'accepte pas du tout le sous-jambe de votre ami, qui, parce qu'il est croyant à sa manière, s'imagine que nous n'avons pas au fond des opinions très-fermes, dont nous nous appliquons, en écrivant, à varier un peu les surfaces. Hier, dans le Soleil, ce n'était pas un catholique, mais une espèce de philosophe républicain qui me faisait le même reproche de manquer de croyance, parce que je n'avais pas la sienne. Je renvoie ces messieurs dos à dos. Vous savez, mon cher ami, à quel fond de vérités je crois, autant qu'un tel mot est applicable au faible esprit de l'homme; les années .m'aflermissent dans cette manière de voir et d'envisager le monde, la nature et ses lois, et notre courte et passagère apparition sur une scène immense où les formes se succèdent au sein d'un grand tout dont nous saisissons à peine quelques aspects et dont l'incompréhensible secret nous échappe. Ce n'est ni triste ni gai, mais c'est grave; et, quand on en est là, on peut laisser avec leurs airs de dédain tous ces esprits disciples et superficiels qui se flattent de tenir la clef des choses, parce qu'ils ont dans la main quelques bibelots chrétiens, païens ou autres, qu'ils adorent. Au diable les fétiches, de quelque bois qu'on les fasse ! Tout à vous.

GCCLXXI.

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