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AUX MEMBRES DU COMITÉ DES BIBLIOTHÈQUES POPULAIRES DE SAINT-ÉTIENNE

Paris, 14 juillet 186".

Messieurs,

La démarche que veut bien faire en ma faveur le comité des bibliothèques populaires de Saint-Etienne avant de se dissoudre est un adieu qui est fait pour me toucher, et dont je garderai toujours souvenir.

CORH KSPONDANCK

Lorsque je réimprimerai mon discours, comme je le vais faire, je réparerai en note un oubli. Le livre de M. Dargaud. Histoire de la liberté religieuse en France, dénoncé dans la liste des pétitionnaires, avait été couronné par l'Académie française en 1861, et avait été jugé digne de partager avec un autre ouvrage le grand prix de la fondation Gobert; le secrétaire perpétuel, M. Yillemain, en avait fait l'éloge dans son rapport lu en séance publique, le 2Î) août de cette même année 1861.

Si quelque chose est de nature à jeter du jour sur l'esprit et l'intention qui ont inspiré les pétitionnaires de Saint-Étienne, c'est assurément la dénonciation d'un tel livre, qui est tout en l'honneur de la tolérance, et qui a pour effet de faire admirer davantage le chancelier de l'Hôpital et Henri IV. Mais l'auteur s'était placé au point de vue protestant plutôt qu'au point de vue catholique. De là le crime.

Et ce sont de tels ouvrages qu'on affecte de confondre avec ceux qui ne seraient que le produit de Timmoralité !

Quant à moi, j'ai un principe : un ouvrage élevé, sérieux, éloquent, même avec des erreurs, est bien autrement moralisant et fortifiant que tous ces bêtes de livres dits moraux qui embéguinent l'esprit et qui amollissent les cervelles.

DE C.-A. SAINTE-HEUVE.

GDXXXVIII

A M. ERNEST AL LARD

Ce •2\ jiiillot 1867.

Cher monsieur.

J'ai bien pris part à ce que vous m'avez dit de votre santé. La mienne n'est qu'une infirmité, ce qui ne laisse pas d'être fort attristant. Vous avez bien raison sur ce fait de travaux forcés Mais la législation, toute civilisée qu'elle se flatte d'être, est encore empreinte de restes de barbarie. Vous l'avez vu à propos de cette loi sur la contrainte par corps. La magistrature tient bon jusqu'au bout pour la routine : les Sénats de même, ils sont composés de senibus. Une pétition dans le sens que vous dites, amènerait l'ordre du jour : peut-être serait-il précédé de quelques observations atténuantes. La meilleure de toutes les pétitions est encore un article de journal souvent répété.

Soignez-vous.

A vous de tout cœur.

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