‹ CorrespondanceChapitre 96 sur 223 · AU POETE ALLEMAND LUDVVIG WIHL, AUTEUR DU PAYS BLEU · texte numérisé non relu

AU POETE ALLEMAND LUDVVIG WIHL, AUTEUR DU PAYS BLEU

Ce 23 août 1867.

Monsieur et cher poète,

Vous ne m'avez pas cru ingrat. Mais, depuis que j'ai reçu votre recueil, j'ai beaucoup erré dans le Pays bleu. Je m'y plais, je m'étonne parfois (moi, casanier et peu hardi), je m'émerveille, je trouve avec surprise et plaisir tous ces noms modernes et nôtres, piqués par vous au gré de votre fantaisie; je note mainte strophe et maint verset que je ne saurais plus oublier. Je suis tenté d'écrire en marge de la plus belle page de mon Anthologie cette parfaite épigramme :

« Je ne suis pas méchant; mais, pareille à l'hirondelle, qui, çà et là, happe un moucheron dans son vol, ma muse saisit un insecte en chantant. »

C'est à graver sur une pierre fine.

Et le mot sur Henri Heine : « Que maints péchés soient pardonnés à Heine! etc., etc. » C'est l'épigraphe la plus vraie à mettre en tête de son œuvre.

Veuillez agréer, monsieur et cher poëte, l'assurance de ma gratitude ot de mes vives sympathies.

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