‹ CorrespondanceChapitre 12 sur 66 · A ULRIC GUTTINGUER · texte numérisé non relu

A ULRIC GUTTINGUER

... Je n’ai jamais tenté de faire une hymhe 4 mon Hieus je veux portant vous le peindre(1). Cette petite crotte de paté parsemée d’étoiles et couronnée par la voie laetée est tout ce que nous yoyons du ciel. Votre univers (je ne dis pas notre monde) est lui-méme un wrain de sable dans le vide sans fin. A des milliards de lieues les unes des autres, flottent dans ’immensité des millters de combinaisons d’univers. Le nétre a pour lois Véquilibre, Pattraction et la pesanteur. autres ont d’autres lois, d’autres gens, d’autres véri(és mathématiques. Le bien et le mal, la force et la beauté sont remplacés par d’autres choses, et tous ces petits systémes, dont le'nétre est peut-étre un des plus faibles, s’agitent et se remuént dans leur coin avec leur étincelle de vie. Au centre des nuits éternelles est assis mon Dieu sans révélations, qui verse a limmortelle mati¢re ’immortelle pensée.

A vous de coeur.

{1} Cette lettre me semble étre la réponse ala pice de vers dédiée a Alfred de Musset que je trouve dans les Fables et Méditations de Gutlinguer, el dont voici un passage :

Toi, tu poursuis ta course, enfant du siécle avide ;

{u fond de ma retraite, en ses flots je te vois, Te jetant au courant, en nageur intrépide,

Et Jui parlant si haut, qu'il écoute ta voix. Un moment j’espérai; car j’avais vu la croix S‘agiter dans tes mains, rayonnante de gloire; Gar au vieux Golgotha tu rappelais leurs pas;

Cur le coeur tout ému de la divine histoire, Tu crisis ; Oh/ croyes ce que je ne crois pas/

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