‹ CorrespondanceChapitre 20 sur 66 · A MADAME LEVRAULT A STRASBOURG · texte numérisé non relu

A MADAME LEVRAULT A STRASBOURG

Baden, 18 septembre 1834,

Madame,

Vous avez peut-étre déja recu du Directeur de la Revue des Deux Mondes un mot d’avis pour la petite aflaire qui me regarde. J’ai un traité avec lui par lequel il doit me faire passer cing cents francs a la fin de ce mois, et il m’a dit A mon départ que c’était par Pentremise de votre maison que je les recevrais. Je suppose qu il a eu le soin de vous en prévenir par la lettre que

jiai eu lhonneur de vous remettre 4 mon passage a Strasbourg. Je suis 4 Baden en ce moment, et, par suite de l’ctourderie et du manque de cervelle avec lesquels je suis né, je me trouve depuis une semaine dans un embarras si facheux que j’ai pris le parti d’éerire dla Revue et de prier M. Buloz de m’avancer de quelques jours l'envoi qu’il doit me faire.

Comme ilest fort obligeant pour moi et que je lui ai onfessé franchement ma faute, je ne doute pas qu’il

ne vienne & mon secours dés qu’il le pourra, et je. vous demande, madame, de vouloir bien m’envoyer ici la petite somme qui m’est due, aussitét que vous en aurez regu Vavis. Je prends cette précaution parce que je ne sais pas positivement si M. Buloz vous a prévenue, et que, dans le cas ov vous ne le seriez pas, yous me rendriez service de me le dire, attendu qu'il faudrait que j’écrivisse de nouveau a Paris, et que, dans les circonstances présentes, un jour ou deux de retard sont beaucoup pour moi. J’espére que vous aurez la bonté de me pardonner toute cette explication, etde me dire si vous avez regu quelque avis. L’obligeance avec laquelle vous avez agi envers moi A Strasbourg m’enhardit 4 vous demander de ne pas négliger cette petite affaire, sit6t que la conclusion en sera possible. Je vous serai bien reconnaissant de me répondre un mot et le plutét (sic) que vous voudrez bien le faire m’épargnera ici quelques jours d’un embarras auquel j’avoue que je ne suis pas accoutumé et dont il me sera agréable de sortir pour retourner 4 Paris dés que je le pourrai.

Excusez-moi encore, et croyez moi, madame, votre wt obéissant serviteur. ;

ALF. DE MUSSET Chez le conseiller Meismer (Baden.)

Page 1