A GUSTAVE PLANCHE
8 novembre 1834.
Monsieur,
{| m’est revenu, par plusieurs personnes, que vous aviez tenu sur mon compte des propos d’une nature telle que je ne peux ni ne veux les laisser passer.
Je désire savoir par vous-méme si cela est vrai, afin de tui donner la suite qui me conviendra.
Je vous salue.
Vicomte ALFRED DE MUSSET.
Quai Malaquais, n° rg.
A ALFRED TATTET
42 novembre 1834.
Mon cher ami,
Tout est fini. — Si par hasard on vous faisait quelques questions (comme il est possible qu’on vous soupgonne de m’avoir parlé) ; si enfin, peut-étre, on allait vous voir pour vous demander a vous-méme si vous ne m’avez pas vu, répondez purement que non, que vous ne m’avez pas vu et soyez sir que notre secret commun est bien gardé de ma part. — J’irai vous voir bientét.
A vous de ceeur.
A SAINTE-BEUVE
(Novembre 1834.)
Je vous suis bien reconnaissant, mon cher ari, de l’intérét que vous avez bien youlu prendre, dans ces tristes circonstances, 4 moi et 4 la personne dunt vous me parlez aujourd’hui. I] ne m’est plus possible maintenant de conserver, sous quelque prétexte que ce soit, des relations avec elle, ni par écrit ni autrement. J’espére que ses amis ne croiront pas voir dans cette résolution aucune intention offensante pour elle, ni aucun dessein de l’accuser en quoi que ce soit. S’il y a quelqu’un a accuser la-dedans, c’est moi, qui, par
une faiblesse bien mal raisonnée, ai pu consentir a des visites fort dangereuses sans doute, comme vous me le dites vous-méme. M™ Sand sait parfaitement mes intentions présentes, et si c’est elle qui vous a prié de me dire de ne plus la voir, j’avoue que je ne comprends pas bien par quel motif elle l’a fait, lorsqwhier au soir méme j’ai refusé positivement de la recevoir 4 la maison.
Je vous répéte encore, mon ami, qu’il me serait bien pénible qu’on interprétét défavorablement pour elle mes résolutions. Je n’en fais part d’ailleurs qu’é vous, et je pense que cela ne peut avoir aucun inconvénient. — Maintenant, mon ami, je vous remercie encore; il y a: a bientét, au bas de votre carte; ne me faites pas croire, je vous en prie, que c’était tout a fait pour le quai Malaquais que vous vous étes souvenu de la rue de Grenelle (1). Vous feriez de moi un cruel, si vous me laissiez croire que, pour vous voir, il faut que je sois brouillé avec ma maitresse,
A vous de coeur.
i‘) Musset habitait au ne 59 de cette rue.