A SON FRERE, EN ITALIE
Janvier 1843,
Je sais, mon cher ami, que tu as fait bon voyage et que tu t’amuses, ce qui ne m’étonne point, bien que Hetzel dise qu’il n’y a que toi au monde capable de trouver du plaisir 4 voyager seul.
Pour ce qui me regarde, je te dirai que je suis raccommodé avec Rachel, je l’ai rencontrée 4 souper chez Buloz et nous nous sommes donné une poignée de main. Tu sais qu’elle demeure sur le quai, comme le chevalier de la Marjolaine. C’est un gentil voisinage.
As-tu vu a Génes ce beau jardin ov il y a écrit sur la porte: Hic mthi sucunda solitudo, amicitia jucundior? c’est celui que préférait ton serviteur trés humble. M™¢ Sand en parle dans les Lettres d’un voyageur. Il y a une fontaine en grotte délicicuse.
Je me porte trés bien. Fais-en autant, amuse-toi surtout, et envoie-nous des nouvelles de Naples.
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A SA MARRAINE S. d. (4843.) -
Ce n’est ni chez elle, ni chez vous, madame, que je voudrais la rencontrer, mais, si j’étais invité au bal de M™* de T..., ce serait différent.
M=* Jaubert ayant obtenu une invitation, Musset lui écrit :
J'ai profondément réfléchi et j’ai découvert que ce n’était pas la peine. Je n’irai pas vendredi.
Ce qui n’empéche pas, mais pas du tout, que je ne vous remercie de tout mon cceur d’avoir pensé 4 moi, qui n’en suis guére digne.
Vous étes bien toujours vous, ma belle marraine, c’est-d-dire toujours bonne.
Dites, je vous prie, 4 la comtesse que j’irai indubitablement lui faire visite d’ici 4 ma mort,-dans toutes les régles avec carte et en grande tenue. Et ajoutez que si mes profonds respects et trés humbles excuses ne peuvent la toucher, il ne me reste plus qu’a lui dire ce qu’une religieuse disait 4 sa supérieure : « Si vous
n’étes pas contente de moi, couchez-vous auprés. »
Compliments sincéres.
Mercredi soir.