‹ CorrespondanceChapitre 18 sur 156 · XXVI. — Cachet de la poste · texte numérisé non relu

XXVI. — Cachet de la poste

CORKESPONDANCE

pense le voir ce soir au Palais-Royal. Sinon, j'irai le trouver chez lui. Avez-vousvu dans le Messager un article sur vous qui a dû paraître ? Thierry m'a dit qu'il avait reçu votre volume (77), mais que ceux de Madame votre mère ne lui étaient point parvenus (78). Peut-être ont-ils été perdus au bureau du journal. Je tâcherai de vous aller voir demain ou après demain, après avoir vu Foucher. Votre bieu dévoué serviteur,

GÉRARD

Ce 14.

Mes compliments sur vos charmants feuilletons, dans le Grand Journal !

AU D"" LABRUNIK

Anvers, le 22 octobre i84o.

Mon cher papa.

Je t'écris sur du papier d'Anvers, portant les belles armes de cette cité. Je ne comptais t'écrire que de Rotterdam, mais le temps est si mauvais que je n'ai pu prendre le bateau à vapeur. Si le temps ne s'améliore pas, je prendrai la route de terre. D'ail-

xxvii. — Publ. par L. de Bare, Nouvelle Revue internalionale, 1 5 juin 1894.

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leurs je me suis arrêté à peu j)rès daus tous les endroits où j'ai passé, tant en France qu'en Belgique, à Lille, à Courtrai, à Bruxelles et à Malines. Depuis mon départ, je n'ai eu que deux jours avec un peu de soleil ; il règne souvent des vents terribles.

Je comptais voir la représentation de Piqiiillo (79) à Bruxelles, mais la plupart des acteurs sont indisposés, et l'on ne jouera peut-être pas avant un mois, de sorte qu'il est peu probable que je le voie, même en repassant. J'ai trouvé ici une foule de p<*rsonnes qui me connaissent de réputation et qui me réparent un peu l'ennui de la mauvaise saison. On m'invite à dîner tous les jours, et je trouve tous les journaux et les livres dans le cercle de la ville où l'on m'a présenté. En outre, on m'a donné mes entrées dans les théâtres, ce qui assure mes soirées. J'ai rencontré ici un de nos grands acteurs. Bocage, qui est en congé. Il a donné hier sa première représentation.

Je regrette bien que le retard de Théophile (80) ne m'ait pas permis de venir plus tôt. Cependant, toutes les feuilles sont aux arbres et le temps n'aurait qu'à s'éclaircir pourj que les points de vue devinssent très agréables. Hier même, en venant par le chemin de fer, j'admirais ces belles plaines et ces villes gothiques étonnantes, sous quelques rayons de soleil. Aujourd'hui j'ai vu le musée de

Rubens et la cathédrale, mais il fait un temps gris depuis ce matin.

Adieu, mon cher papa, peut-être ne serai-je pas longtemps dans cette tournée, à moins qu'il ne survienne des beaux jours, ce qu'on serait en droit d'attendre cependant, au 20 octobre. L'année dernière, j'avais de très beaux temps un mois plus tard, et, l'année d'avant encore, étant à Goblentz, presque sous la même latitude, nous nous trouvions, pour ainsi dire, dans la saison d'été. Anvers est toujours une admirable ville, dans tous les temps.

Je te prie d'avoir la complaisance d'envoyer la lettre ci-jointe en l'affranchissant, je ne puis le faire ici. C'est pour réparer l'oubli d'une visite au commissaire royal (81), qui m'avait demandé une pièce et m'avait été très favorable dans mes relations de journaux.

Adieu, je t'embrasse de tout mon cœur.

Ton fils,

G. LÂBRUNIE.

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