‹ CorrespondanceChapitre 25 sur 156 · XL. — Publ. par A. Houssaye, la Presse, 3 décembre · texte numérisé non relu

XL. — Publ. par A. Houssaye, la Presse, 3 décembre

NOVEMBRE l84l — AOUT l853 127

peut plus trouver. Le temps est toujours magnifique et représente constamment un été d'Europe, ou, tout au moins, un printemps. La verdure et les fleurs sont éternelles dans ces heureux pays ; je traverse tous les jours, dans la ville même, des jardins délicieux. Toutefois nous n'allons pas tarder à nous mettre en route pour visiter encore quelques points du pays et nous diriger ensuite vers la Syrie, afin d'être à Jérusalem aux fêtes de Pâques. C'est le plus beau moment pour voir cette ville; ensuite, nous iK)us dirigerons vers Damas et Beyrouth. Ce sont des pays maintenant tellement frayés qu'on y voyage comme en Europe. Ainsi toutes les craintes qu'on nous donnait sur l'Egypte se sont dissipées en approchant ; cela remonte à des époques de guerre et de désordre qui ne sont plus. Les gens au milieu desquels nous vivons sont d'une douceur admirable; ce serait le meilleur peuple de la terre sans son avidité pour le bachiz (le pour-boire). La ville est très grande et les courses fort longues, mais il y a un service d'ânes fort commode dont tout le monde se sert. Ils sont beaucoup plus forts qu'en Europe et vont très vile, de sorte qu'on ne se fatigue ni ne s'échautfe à courir. Cela coûte environ cinq sous l'heure ; il est presque impossible d'aller à pied.

Après tout, il y a des heures bien ennuyeuses et bien tristes dans cet isolement : j'ai pensé à toi bien

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