LXX. — Date de la poste
NOVEMBRE l84l AOUT l853 I7J
estam — d'où je regarde se coucher le soleil à travers les mâts des vaisseaux. J'attends l'ouverture des riddecks, endroits charmants où l'on voit danser le sexe facile. Je me l)ornerai,j'espère,à ce plaisir que le jeune V. H. m'envie en ce moment, forcé ([u'il est de faire gravement la société de son père à Brux. J'ai (piilté aussi et laissé assez mornes le A.D. et le Parf. son intime actuel (i4o)- Ces hommes travaillent effroyablement ; je n'ai pas eu encore tant de courage. Il s'agit demain matin d'attraper le vapeur néerlandais et de se réveiller à temps. Vous vous étonnez sans doute de ne me voir qu'ici. Mais je me suis arrêté partout sur ma route, et à Bruxelles notamment, où l'on m'a trop nourri. Je me mets d'aujourd'hui au régime du hareng saur, car, en quittant Bruxelles, j'ai été affligé ce matin d'un beefsteaclc de 92 centimes. Ils sont meilleurs à 76 chez Véry ; c'est du reste la seule dépense culinaire que m'ait coûté mon séjour, mais le reste ! Le D. est très bien logé, avec le Parf. et sa HUe. Il magnétise une boulangère hystérique et lui fait faire des contorsions surprenantes dont elle n'a plus le souvenir au réveil. Je la plains s'il ne la finit pas, mais on a lieu de croire qu'il la finit dans le- particulier. L'émigration est assez réservée et peu apparente, quoiqu'elle se compose de plus de mille personnes. Je me suis un peu amusé à la kermesse d'Ixelles dimniiche passé.
Arrivons au sérieux.
Remettez la lettre ci-incluse à Gorges (i4i) ; elle contient ceci de grave que je suis fâché qu'il ne soit plus temps, ce 12, de vousprier d'aller donner cong-é de ma turne. S'il était encore temps, faitesle. Mais ne vous en préoccupez pas autrement.
Adieu.