‹ CorrespondanceChapitre 5 sur 156 · AU BARON TAYLOR · texte numérisé non relu

AU BARON TAYLOR

[Eté i83i.] Monsieur, Je suis auteur de deux pièces reçues à l'Odéon à l'unanimité (3) : j'ai besoin que l'une d'elles soit représentée de suite et comme cela ne se peut pas à l'Odéon, Ligier ayant déjà d'autres rôles et Frédéric étant absent, je vous aurais une bien grande obligation si vous vouliez l'entendre et juger si elle convient aux Français. Je serais trop reculé s'il fallait passer par le comité de lecture et c'est une demi-heure tout au plus que je vous demande. Cette pièce est intitulée Zara, tragédie en un acte (600 vers), elle peut se jouer sans la moindre dépense, avec 4 acteurs, et jetterait sans doute une variété singulière dans le répertoire actuel du Théâtre Français, étant d'un genre tout nouveau et

l830 — ' NOVEMBRE i84i 33

cependant écrite de manière à ne choquer aucun parti littéraire.

Je comptais employer, pour obtenir de vous la faveur que je vous demande, monsieur Hugo (4) ou Dumas, qui sont mes amis et je pense aussi les vôtres; mais tous deux sont absents de Paris et ne voyant pas d'autre moyen de me faire connaître à vous, je joins à ce billet des lettres qu'ils m'ont écrites en différents temps, pensant que cela suffira pourvouspersuaderqueces messieurs nem'auraient pas refusé une démarche auprès de vous. J'aurai l'honneur d'aller demain matin connaître votre réponse ; vous vous êtes montré si souvent bienveillant envers des jeunes gens débutant dans des voies nouvelles que je ne doute point que vous ne fassiez aussi quelque chose en ma faveur, si vous pouvez.

Votre dévoué serviteur,

GÉRARD

Février i832.

Mon cher ami, Je vous ai écrit de la Préfecture, mais je ne sais

m. — Fac-similé publ. par M. Tourncux. : l'Age du Romantisme. Gérard de Nerval.

34 COnaESPONDANCE

si vous aurez reçu ma lettre, car on ne les envoie pas toutes (5.). C'est donc, si vous ne l'avez pas, reçue, que je vous prie de me rendre le service que j'avais refusé il y a quelques jours et d'aller chez Levvavasseur, libraire au palais royal, ou Heideloff, rue Vivienne, n° 8 ou i6, m'acheter un almanach allemand intitulé Cornélia, dont j'ai le plus pressant besoin et qui coûte environ dix francs, puis de me l'envoyer à Sainte-Pélag-ie par votre jeune homme. Si vous voulez me voir, demandez un laisserpasser à la préfecture. Je ne doute pas que vous ne vous hâtiez d'oblig'er un ami prisonnier et je vous en aurai une bien grande reconnaissance.

Votre dévoué,

GÉRARD LABRUNIE.

A PAPION DU CHATEAU (6

... Je fais des visites pour le choléra (7) comme font maintenant tous les étudiants, les médecins étant insuffisants de beaucoup pour le nombre des malades. Je vous assure quec'estune chose cruelle... Je ne crois pas que M M. Dumas et Hugo vous écrivent

Page 1