‹ CorrespondanceChapitre 113 sur 130 · CLIX. — Carlyle à Emerson · texte numérisé non relu

CLIX. — Carlyle à Emerson

Chelsea. le 20 juillet 1856.

(Mêmes plaintes que dans sa dernière lettre ; il ne désespère pas cependant d'achever Fi'édéric, mais à (juel (irix !) ... Browning vient ce soir pour prendre congé. Connaissez-vous Urowning? Il est abstrus, mais mérite d'être connu. Et que devient le Discours sur l'Angleterre par un cerlain homme? Fi! Nous eiiten(l(»ns toujours dire qu'il est publié, et on le retient obstinément...

Adieu, mon ami.

T. Cahlylk.

1. Wiilt Wliitinaii (Is)9-I8«»i). Il imprima en efTel lui-môme, en 1855, son premier recueil de poèmes ; ils chotiuôrenl autant par In forme — nouvelh» et étrange — que par In matière, que beaucoup di* lecteurs jugèrent immorule.

GLX. — Carlyle à Emerson.

The Gill, Cummertrees, Annan, 28 août 1856.

Cher Emerson,

... J'apprends avec beaucoup de satisfaction que cet ouvrage sur l'Angleterre, que nos désirs ont vu si longtemps scintiller à l'horizon, et que l'on nous retenait toujours, va enfin paraître pour de bon... il n'est pas un livre qui puisse en ce moment me convenir aussi bien... Vous parlez comme s'il y était dit quelque chose d'horrible sur ma personne sacrée ; courage, ami, ce sera merveille s'il se rencontre une seule chose dite par vous qui me soit nuisible ; que la saveur première en soit douce ou amère, vous pouvez compter que je le prendrai avec gratitude, et même avec plaisir, ce qui est peut-être encore plus invraisemblable...

Je suis ici, au pays natal, — chevauchant, prenant des bains de mer, vivant de la nourriture de la campagne, ne prononçant pas un mot — et j'achève maintenant la cinquième semaine; j'ai eu là une retraite comme aucune Trappe n'eût guère pu m'en offrir, une « retraite » sans cilices, sans matelas de chardons et avec des dévotions silencieuses (si j'en fais), au lieu des dévotions imbéciles à la Vierge et à d'autres ! Il y a toujours au programme une excursion dans les Highlands, à laquelle on ne peut échapper : puis nous rentrerons, pour retrouver 'peine forte et dure. Dieu vous assiste toujours, cher ami.

T. Carlyle.

MAI 1858 tm

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