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The State in ils relations with the Church

MAHS 1830 105

d'esprit solide, sérieux, silencieux ; mais comment il a pu, avec sa bigoterie à la Coleridge, sympathiser avec vous, c'est là qu'est le mystère. C'est à croire que les hommes sincères de toutes les croyances sont frères. A bientôt une lettre.

XXX IV. — Emerson à Car If/ le.

Concord, le 1 j mars 183'.).

... On lit vos livres. 11 me semble que j'entends exprimer plus de gratitude pour les Miscellanies que pour l'Histoire. Les jeunes irens de nos collcges les étudient dans le silence du cabinet et la doctrine de Copernic supplante celle de Ptolémée. J'entends fréquemment des témoignages sympathiques de l'heureuse action du levain, et l'on ne cesse de dernandci- si l'auteur viendra ici.

C'était folie de ma part de vous dire — si je vous l'ai (lit — qu'il ne fallait pas venir. Je savais pertinemment, alors, et je n'ai cessé de croire, en ce qui me concernait, (ju'aucune boue de polémique, (luelcjue quantité qu'on en jetât, ne pouvait s'attacher a moi, car j'étais un simple observateur, n'ayant pas le moindre intérêt personnel ni la moindre partialité, ne traitant de la cpiestion (jn'en historien, et je savais que tiuiconcpie mv \ errait, verrait cela. Mais sur le moment la petite brochure produisit dans les journaux beaucoup d'émoi et d'excitation et on en vendit les mille exemplaires jus(|u'au dernier. Ce mauvais \ci\[ a passé. J'ai annoncé, comme d'ordinaire, ma série (le conférences d'hiver et elles ont eu un [)lein succès. J'ai fait dix conférences : I. Doctrine de l'ùme : II. Home ; III. l/École; IV. l'.Amour; \. leCénie; VI. L'Esprit de Protestation :\ II. la Tragédie; VIII. la Comédie; I.\. le Devoir;

X. la Démonologie. J'avais le dessein d'en ajouter deux autres, mais mes poumons, souffrant d'une inflammation intempestive, me laissèrent en panne, de sorte que je ne parlai pas davantage sur la vie humaine. Maintenant je suis rétabli. Mais, ainsi que je sors de le dire, puisque je ne pouvais me faire tort à moi-même, il était puéril de me flatter que je pourrais lier votre cause à la mienne et vous porter dommage. Il est tout à fait hors de doute que vous aurez, dès que vous le désirerez, tous les gens d'ici pour auditeurs et libres de cette idée préconçue que je voulais conjurer. Pourtant je ne puis regretter ma lettre qui m'a valu une réponse si affectueuse et si magnanime.

Merci aussi pour votre très aimable invitation. Mais j'ai une nouvelle raison de ne pas aller en Angleterre, un heureux bébé du nom d'EUen, âgé de presque trois semaines, une petite masse, blonde et tendre, d'humanité satisfaite, dormant toujours et avec un air d'indifférente sécurité qui dit qu'elle est venue pour rester, pour être aimée — qui n'a rien du tout de vulgaire et m'intéresse tout à fait.

Combien j'aimerais cependant être près de vous pour un certain temps! Les mois et les ans qui passent me rendent plus désireux d'une conversation sans limites avec vous, et Dieu, je pense, nous l'accordera quelque jour par les voies les meilleures. Je m'occupe ces temps derniers de VAnneau d'Omjx qui m'a paru plein de savoir et de bonnes peintures, hardies et fidèles. N'est-ce pas beaucoup de malice chez John Sterling de peindre Gollins? et quelle intrépidité d'iconoclaste dans ce nouvel Alcibiade de faire irruption parmi vos Lares et défigurer en Walsingham votre Hermès sacré lui-même ^ Je me suis bien amusé, moi profane, à voir faire la satire de l'Olympique

1. Gollins et Walsîngham, deux personnages de VAnneaii d'Onyx, sont peints en partie, pas très heureusement, d'après Garlyle et Gœthe. Dans sa Vie de Sterling, Garlyle dit de cette histoire •* « C'est un récit, qui mérite encore d'être lu, au cours duquel.

.'«mourcux de Frédérique, Lili, etc.. Et cela par Alcibiadc sur lequel Périclès doit suspendre et retenir lonfijtemps sa colère avant qu'elle n'éclate. .le suis ravi de ce Slerlinp, mais maintenant que je le connais mieux, je n'attendrai plus de lettre de lui.

.le désirerais vous entretenir des graves questions, plus graves que toute littérature, que posent les menus incidents de chaque jour. Nos actions semblent être un écran voyant ou un pa[)egai destiné à détourner notre vue de notre inactivité. Je voudrais aussi que vous connussiez mes amis d'ici. Il y a entre autres un homme nommé Dronson Alcott.à l'Ame majestueuse, avec lequel on peut converser, 1 1 est capable de vérité et son existence me cause la même surprise joyeuse que celle du monde...

H. \V. Iv

XXW. — Emerson à Carlyle.

Goncord, le 19 mars 1839.

... îinchcl, j'imagine, ne vous a pris ni matin ni veille, mais fut écrit durant cette heure aimai)le de l'après-dîner, si favorable à une bonne digestion.

.ï'espérc^ (|ue vous ave/, goûté les traductions de Gœthe, par .loliii Dwiglil, ainsi que ses notes. C'est une bonne àme, réce[)tive, capable d'élan, moins portée à créer qu'à iTcevoir très dorilenient. mais j'aime beaucoup ses livres.

K. W. ICmehson.

pnnni dos prrsontiMj^M's fiel ifs. dirrircnls amis do Slorliiif? sont ps(piissôs cMi trails <|iii no .^oiit pas (oujotir.s dos phis jiistos. u L'ouvraK»' i*st roiinpriinô dans le second volume des Essays ami Taies Uc Slcrling, édiles par Julius llnre.

* XXXVI. — Carlyle à Emerson.

Ghelsea, Londres, le 13 avril 1839.

(Carlyle, inquiet de ne pas avoir reçu de nouvelles d'Émerson, espère qu'il tarde uniquement en raison des lenteurs de l'imprimeur américain des Miscellaaies. Il annonce l'envoi d'une gravure dont sa femme fait cadeau à M"^® Emerson. Il propose d'envoyer à Boston 500 exemplaires de la seconde édition de la Révolution. Fraser lui a versé pour la première une somme de 110 £, bénéfice inespéré. 11 va donner une série de Conférences sur les Révolutions de l'Europe moderne : « deux sur le Protestantisme, deux sur le Puritanisme, deux sur la Révolution française ». On lui dit qu'il compte en Amérique de nombreux lecteurs; qui sait s'il n'ira pas bientôt s'adresser à cet auditoire? Quanta Emerson, on commence à le citer en Angleterre; il a déjà un public choisi etMissMartineau vient de lui consacrer un article dans la Westminster Review).

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