INTRODUCTION VU
« Ne faiblissez point, la parole que vous prononcez a été entendue, bien que ce soit aux confins de la terre et par des bommes très modestes; elle agit, elletriompbe ! » Jamais messager céleste n'arriva plus à propos. On ne peut s'empôcber en effet, quand on étudie de près la biograpbie et la correspondance de ces deux bommes, de penser que sans ladémarcbe si heureusement inspirée d Emerson leur carrière eût pris un tout autre cours. Garlyle, sans ce précieux encouragement de l'ami nouveau qui lui semblait apporter d'un autre bémispbére une voix providentielle, sans le secours moral et pécuniaire qui lui vint bientôt d'Amérique, et qui lui permit d'attendre et de trouver en Angleterre un public, se fût probablement détourné de l'activité purement littéraire. Quant à Emerson, les lettres qui vont suivre montreront clairement, nous semble-t-il, la nature bienfaisante de linlluence qu'exerça sur sa production, sinon sur le développement de son esprit, le rare génie dont il se présente modestement comme le lointain admirateur et, sur certains points seulement, le disciple.
Cariylc eût-il uniquement dirigé l'attention d'Emerson vers Goethe, auquel lui-même devail, tant que c'eût été déjà lui rendre un signalé service. Mais il fit plus et mieux, ou plutôt tous deux tirent plus et mieux que d'exercer sur l'ami et le conlident littéraire une iniluence directe, qu'on puisse observer et mesurer dans leurs œuvres respectives : durant quarante ans,