‹ CorrespondanceChapitre 66 sur 130 · LXV. — Emerson à Carlyle · texte numérisé non relu

LXV. — Emerson à Carlyle

Goncord, le 30 mai 1841.

... Je crois que toutes les épreuves des six conférences ne m'étaient pas encore parvenues quand je vous ai adressé ma dernière lettre. Elles sont toutes arrivées à bon port, le dernier envoi cependant n'a été reçu que juste après l'apparition de notre illicite réimpression de New-York, Je n'ai pas moins joui de ma lecture personnelle, nonobstant cette escroquerie destinée à pourvoir un public avide. Odin tout entier était pour moi chose nouvelle, ainsi que la majeure partie de Mahomet; et tout était d'excellente lecture, pleine de vérité et de noblesse. Pourtant, quand je lis ces pages, il me semble que votre auditoire à Londres est moins préparé à les entendre que ne l'est celui de la Nouvelle-Angleterre. J'en juge uniquement par le ton. Je pense que je connais ici beau-

coup de personnes si disposées maintenant à accepter des pensées de ce genre que, si vous parliez sur notre continent, vous ne jugeriez pas nécessaire de forcer ainsi le ton. J'ai été faible et presque malade durant tout le printemps et ne suis allé qu'une fois ou deux à Boston, de sorte (jue je ne sais rien de Taccucil que fait au livre la catholique Église Garlyléenne. .liii maintenant dans ma maison — et pour un an j'espère — l'un de vos lecteurs et amis, — Henry Thoreau — un poète dont vous serez fier quelcjuc jour — un noble et viril jeune homme plein de mélodies et d'originalité. Nous travaillons ensemble tous les jours dans mon jardin et je prends de la santé et de la force.

Vôtre

U. W. Emerson.

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