‹ CorrespondanceChapitre 89 sur 130 · CI. — Carlyle à Emerson · texte numérisé non relu

CI. — Carlyle à Emerson

Chcisca, 2'J aoCït 1845.

Cher Emerson, votre lettre, que j'avais attendue bien longtemps, est maintenant entre mes mains de{)uis plus d'un mois, et je n'y ai pas encore répondu. J'avais l'intention de le faire sur-le-champ, mais le jour s'écoula, dos journées s'écoulèrent, et finalement je décidai d'attendre jns(|ii'à <•(• (jiie j'eusse libéré mes épaules de mon insupportable fardeau (« la stupidité de deux siècles u comme je l'appelle, ce qui est pour un seul homme une lourde charge) et (jue je fusse en état de reprendre Vhabitutlc d'éciire (l(\s lettres, (jiie j'ai presijue p«'rdue depuis bien des mois. Par l'inexprimable bénédiction du ciel, j'ai maintenant atteint ce terme ; j'ai écrit, il y a (juatre jours, mon dernier mot sur les Lettres et Discours de Cromweil ei

l'un des premiers usages que je fasse de ma liberté recouvrée est de vous envoyer un nouveau salut. Le livre est presque imprimé, en deux gros volumes, dont environ la moitié, je pense, est mon œuvre; une fois de plus, les véritables expressions de Cromwell sont redevenues lisibles pour les hommes d'esprit sérieux. Lisibles, vraiment, à un degré inespéré; car le Livre a pris entre mes mains un aspect inattendu et c'est maintenant une sorte de vie d'Olivier, la meilleure que les circonstances m'aient peraiis d'écrire... Serons-nous, de mon temps, l'Angleterre ou moi, mûrs pour une meilleure, c'est ce qui reste pour le moment dans les conseils du Destin. J'ai ficelé solidement toute cette litière de papiers de l'époque puritaine (le feu en ayant épargné des masses considérables) et je l'ai enfouie au fond de mes plus profonds tiroirs; elle y restera, tranquille, s'il plaît au ciel, pour un bon moment. Aucune langue ne peut décrire un élément comme celui dont je sors. Mon âme a comme un grand dégoût, et ce fut un labeur vraiment pieux, de bien peu de valeur maintenant qu'il est accompli, mais le meilleur dont je fusse capable, et c'est bien assez. J'éprouve la plus vive gratitude pour les dieux qui m'en ont tiré vivant. Le livre est très terne, mais réellement lisible; j'ai consacré à l'élucidation toutes mes ressources d'ingéniosité et il eût été utile d'y en apporter dix fois plus; je les ai appliquées à ce que je disais et surtout à déterminer ce qu'il y avait lieu de renoncer à dire, à annihiler des continents de grossiers débris et de fumier; Ach Gottl Mais, au fait, vous le verrez bientôt et vous vous en ferez votre propre jugement...

Je serai très heureux, mon ami, de recevoir de vous quelque production nouvelle, soit en vers, soit en prose! Ce que vous dites touchant la grande imperfection de tous les moyens d'expression est, certes, très exact. Un homme a beau parler, chanter, agir, bredouiller et gesticuler de son mieux, le pauvre garçon n'exprime que

très inefficacement sa pensée; elle est indiquée, comme par des synil)oles épars, plutôt que dite ou rendue d'une façon visible. Pauvre j^^arçoii ! Aussi sa grande règle, c'est d'avoir une louable et virile opinion, et de recourir au moyen d'expression (iiii lui semblera en conscience le plus à sa [)ortée. Je souhaiterais vous voir prendre un héros américain — un ([ue vous aimiez réellement — et que vous nous en donniez l'histoire, que vous fassiez, de sa vie et de lui, une statue artistique en bronze (en bonne langue). En vérité, je le souhaite. Mais quchpic sujet que vous traitiez vous êtes le bienvenu. Je répète qu'il semble à mes tristes oreilles que votre voix soit la seule à parler, à l'heure actuelle, dans ce vaste monde désert. Tant pis pour nous.

Toujours vôtre.

T. Cahlvlk.

Cil. — Emerson à Carlijle.

Concord, le 15 septembre 184o.

Mon ('lier ami.

Je suis sur le point de donner à Hoston, e'csl-à-dirc, si j'ose, et l'habitude des conférences noml)reuses nous rend incorrigil)lement téméraires, ([uelques conférences — sur Platon ou le pliilosophe; Swedenborg ou le mystique; Montaigne ou le scepti(|ue ; Shakespeare ou le poète; Napoléon ou rhomnitMlaction praticpie. Peut-être, avant que je ne termine, ma liste sera-l-elle plus longue et la mesure de la i)résomption aura-t-elle débordé. Il se peut ([U(; je prenne des noms moins vénérables que certains de ceux-là — mais j'ai promis six conférences. Je trouve (|ue d'ordinaire cette obligation est un bon éperon à mettre au (lanc de ce cheval apathique dont j'ai lu charge.

Il est vrai qu'il est bon de ne considérer que de loin plusieurs des avantages qu'elle entraîne...

cm. — Emerson à Carlyle.

Goncord, le 30 septembre 1845.

Mon cher ami, J'avais à peine expédié ma lettre par le dernier bateau quand m'est arrivée la vôtre, remplie de bonnes nouvelles. Je vous félicite cordialement de l'achèvement de votre tâche et des nouveaux jours de liberté que vous avez obtenus et mérités. Il est des plus heureux, tout d'abord, que vous soyez capable de labeur, ce qui paraît le privilège des grands hommes, et puis, d'autre part, que vous puissiez gagner par là la douceur de la victoire et du repos. Oui, fuyez à la campagne, chevauchez, courez, sautez, reposez-vous, donnez-vous toute l'expansion possible et célébrez de toute façon l'immense bénévolence de l'Univers à votre égard. Et ne venez plus jamais vous plaindre de dyspepsie, d'ennuis, ou de la stupidité des hommes; car lorsque vous fut donnée cette puissance de concentration, que vous fut-il refusé? Je suis heureux avec tous les hommes qu'un nouveau livre soit fait, que la création continue sous ces formes nobles, aussi bien que sous les formes les plus grossières. J'aurai dans un mois votre œuvre et je connaîtrai les secrets de ces dernières années silencieuses. Bienvenu soit l'enfant de mon ami! Pourquoi regretterais-je ne vous point voir, puisqu'une force intime vous oblige ainsi à vous découvrir plus largement que dans l'intimité de la conversation?... Ne manquez pas de m'envoyer le plus tôt possible mon exemplaire de ce livre et d'offrir à Jane Carlyle mes joyeuses félicitations en une

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occurrence qui, j'en suis sûr, apporte à son esprit une grande paix et un fjrand soulagement.

Et bonne chance.

H. ^\^ Emerson.

*CIV. — Carlyle à Emerson.

Chelsea, le 11 novembre 1845.

(Annonce l'envoi d'un exemplaire de Cromtvelî, non encore publié à Londres.)

... Mon séjour en Ecosse m'a été profitable, quoique, comme toujours, plein de tristesse. Trente années fauchent une génération d'hommes. Les vieilles collines, les vieux ruisseaux et les vieilles maisons y sont toujours; mais la population est partie presque toute; elle n'y est plus. 11 m'est impossible d'entrer en une conversation banale avec les survivants et les successeurs; je me retire dans le silence et converse plutôt — d'une façon mélancolique et abstruse — avec les antiques sommets rocheux et muets. Dieu merci, ma bonne vieille mère y est toujours, vieille et frêle, mais encore jeune de cœur; aussi jeune et forte de ce côté, je pense, que jamais. Il est beau de voir l'affection survivre, là où tout succombe à la décadence, l'autel avec son feu sacré continuant à brûler, alors que les murs extérieurs lentement s'écroulent, la nécessité matérielle disant : « (!eux-là m'appartiennent ». J'ai lu ([uel([ues livres insignilianls, fumé beaucoup de tabac, et je me suis promené, rêvant tristement parmi les collines et les vallées profondes, un peu connue une ombre dans l'IIadès. L'Evanirile (|uo prêche ce monde des Eaits diffore grandement du radotage mielleux ([u'on nous offre à Exetcr Hall i^l dans d'autres ofllcines d'éloquence! Radotage dont, en fait, je

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suis de plus en plus las et quelquefois réellement impatient. Il me semble que le règne du Gant et de la nigauderie a bientôt assez duré. Hélas, à maints points de vue, dans cette Angleterre, je me sens trop souvent, tristement, une minorité d'une voix; si dans le monde entier elle s'élève à une minorité de deux, c'est quelque chose! Ces paroles de Gœthe me reviennent souvent à l'esprit : Verachtung, ja Nicht-Achtung ! ^ Le Lancashire, avec ses industries titaniques, sa fumée, sa saleté et sa brutale insensibilité à tout ce qui n'est pas l'argent et les cinq pouvoirs mécaniques, n'a pas excité en moi beaucoup d'admiration, beaucoup moins que jamais, je pense... Patience, et battons les cartes!

(Derniers préparatifs pour la publication du Cromwell... puis viendra un séjour dans le Hampshire, chez Lord Ashburton).

*GV. — Carlyle à Emerson.

Chelsea, le 3 janvier 1846.

(Commence par des affaires).

... A ma grande surprise le livre sur Cromwell se trouve être ici populaire, et nous aurons bientôt une seconde édition. Édition augmentée, car on a découvert une cinquantaine de lettres nouvelles qui ne sont pas toutes insignifiantes et il me faut essayer d'en faire quelque chose de rationnel, ce à quoi je m'emploie de nouveau, au prix d'un pénible labeur.

Hélas! pas encore un mot de vous. Parlez-moi de vos conférences, de tout!...

1. « Savoir mépriser, ou mieux ignorer » une foule de choses mesquines ou vulgaires qui nous entourent, c'est, selon Gœthe, une des formes de la sagesse.

* CVI. — Carlyle à Emerson.

Chelsea, le 3 février 1846.

(C. annonce la réimpression, en trois volumes, de Oromwell, publié d'abord en deux, puis donne pleins pouvoirs à E. pour l'édition américaine.)

Que faites-vous? Mandez-moi comment ont marché les conférences, comment allèrent et vont toutes choses! Nous avons ici par-dessus les oreilles de l'Anli-Corn- Law; l'aristocratie est frappée comme d'une sorte d'horreur à la vue de cette terrible Millocracie qui se dresse en Lancashire, comme un énorme et hideux Frankenstein, ayant, scml)lc-t-il, en poche, de lar^'cnt A foison, et dans l'estomac une humeur très belliqueuse! (Juantamoi, pour le moment, je la trouve presque plus vilaine encore que l'aristocratie et je ne tirerai pas de salves de joie quand on aura rcm|)(jrlé cette petite victoire; je recommanderai plutôt un jour de jeune, puisqu'il aura fallu gagner de la sorte semblable avantage.

Adieu, mon ami, il est vraisemblable que nous nous rencontrerons en Orégon. Qu'en pensez- vous?

* CVII. — Carlyle à Emerson.

Chelsea, lo 3 mars 1846.

(Affaires concernant Cromwcll).

J'ai a|)pris par M. Everett que vos Conférences de Boston ont rencontré un grand succès; quand les inipri-

merez-vous? Je lus hier soir un Essai qu'écrivit sur vous

une sorte de représentant, pourrions-nous dire, de la « Jeune Ecosse », dans \di Revue d'Edimbourg; il est très féru de vous, mais choqué de vous voir antichrétien. Vraiment, ce n'est pas si mal ! Les stupidités des hommes vont se croisant, et à des milles de profondeur, au fond de tout, se trouve en fin de compte une petite veine de bon sens... Nos journaux et nos Chambres sont remplis actuellement de jargon, dont l'auteur de la présente et en vérité le grand public s'embarrassent fort peu, si ce n'est pour regretter d'en subir l'ennui, hes Corn-Laws suivent tout tranquillement le chemin de toutes les folies; et alors, nous serons du moins délivrés d'une et nous partirons à

la recherche de nouvelles.

^GVIII. — Carlyle à Emerson.

Chelsea, le 18 avril 1846.

(Accuse réception de deux lettres d'Emerson, qui manquent dans la Correspondance, le remercie d'avoir fait pour lui, avec Wiley et Putnam, touchant Cromwell, une si bonne affaire).

« Et maintenant, eh bien oui, vous aurez mon daguerréotype, tel qu'il plaira au soleil de le peindre... mais à condition que vous en fassiez autant. Ce sera un moment bien étrange que celui où mes yeux reverront votre ombre inanimée, au lieu de la face vivante qui reste en moi, inaltérée, enveloppée de beaux nuages et émergeant de temps à autre, extraordinairement distincte. Votre tête a-t-elle grisonné? H y a sur la mienne « des cheveux blancs par ci par là » et « je ne le sais pas ». J'ai vécu dans ce monde un demi-siècle, cinquante ans bien comptés le 4 décembre dernier ; c'est à mes yeux un fait solennel !...

Depuis quelques semaines j'ai repris mon cheval et je vais chevauchant, à travers le bruyant torrent de discordants véhicules, jusqu'à ce que j'atteij^ne les champs, les sentes vertes, ce qui est pour moi un spécifique très eflicacc... J'ai quelquefois de la compagnie, mais en général je préfère la solitude et un dialogue avec les arbres et les nuages. Hélas ! la parole des humains, spécialement celle qui vise à l'esprit, m'est souvent pénible; n sur la vaste terre, dis-je parfois avec un soupir, il n'y a qu'Emerson pour me répondre d'une voix vraiment humaine ». Toute « littérature » aussi m'est devenue je ne puis vous dire combien méprisable. Somme toute, le salut est de faire comme Olivier, de travailler tandis que le soleil est haut encore, de travailler aussi bien que si les Eternités en dépendaient, et puis de dormir — fût-ce sous les montagnes de guano de l'humaine hébétude, fût-ce parfaitement oublié en un clin d'œil, — quoi de plus agréable ([ue cette dernière perspective ! Je me suis souvent demandé ce que dirait W. Shakespeare, s'il lui fallait assister un soir à la réunion d'une société shakespearienne et prêter l'oreille au vide bavardage et à toute autre musique asinicpie qu'on y fait entendre en son honneur ? Adieu, mon ami. Je crains d'avoir oublié beaucoup de choses ; en tout cas, j'ai oublié l'inexorable fuite des minutes, ([ui pour moi sont comptées désormais...

Toujours votre.

* Cl\. — Cari y le à Eincrsun.

Chelsea, lo,30 avril 1846.

(C. entretient l'!m«;rs(»n d'un projet de réédition, ()ar la maison Wiley et Putnam, d'une partie dos œuvres déjà

parues en Amérique ; il s'en remet à son ami pour les négociations à poursuivre) .

... « Si votre photographie est aussi bien réussie que la mienne, j'en éprouverai une joie presque tragique. La mienne vaut beaucoup mieux que tous mes portraits ; elle est réellement ressemblante. J'avais déterminé le peintre Lawrence à m'accompagner et il ne tint quittes les opérateurs, qu'ils n'eussent fait quelque chose de tout à fait ressemblant... Oh ! mon ami, ce monde énorme et terrible que nous habitons, cette vie que nous menons, tout cela est une fantasmagorie bien étrange ! Vous souvient-il de Graigenputtock et de notre tranquille soirée là-bas ? Je serais capable d'en pleurer, si cela était dans mes habitudes, mais à quoi bon ?

Tout ce travail de Cromwell sera terminé, j'espère, vers la fin de mai ! Vous ne dites pas un mot de vos propres affaires. Dernièrement vous m'avez vaguement donné quelque raison d'attendre un livre; qu'en est-il?..

GX. — Emerso7i à Carlyle.

Goncord, le 14 mai 1846,

(Attend toujours le portrait promis ; il enverra en échange soit un daguerréotype, soit une esquisse au crayon de sa personne).

... Je vous souhaite de bonnes chevauchées et d'échapper le plus longuement possible aux rues de Londres. Moi aussi, j'ai un jouet, le meilleur que j'aie jamais eu — un petit bois. L'automne dernier, j'ai acheté une étendue de terrain de plus de quarante acres, sur la rive d'un petit lac large d'un demi-mille et plus, qui porte le nom de Walden Pond, endroit où depuis des années mes pieds

ont l'habitude de me conduire une ou deux fois la semaine, en toulcB saisons. Il est vrai que mon lot est sur le bord le plus éloi<,Mié du lac, ([ui ne m'est pas aussi familier que la rive la plus prochaine. Une portion du bois est de vieille futaie, mais la majeure partie a été coupée dans les vingt dernières années et se trouve en pleine croissance. Par ces jours de mai, tandis qu'érables, peupliers, chênes, bouleaux, noyers et pins sont dans toute leur gloire printanière, j'y vais tous les après-midi, pratiquant avec ma hachette un sentier d'Indien dans le fourré, tout le long du rivage abrupt, et ouvrant les perspectives les plus jolies.

Mes deux fillettes connaissent maintenant le chemin, quoique ce soit à près de deux milles de ma maison; elles savent retrouver la source au pied d'un bosquet de pins, et aussi, non sans quelque frayeur, les ruines d'un campement, toutes recouvertes de bouillon blanc, abandonné là par les Irlandais qui ont construit la voie ferrée. A 1 intérieur, à une assez grande distance du rivage, le sol s'élève en mamelon rocheux à quelque soixante pieds au-dessus de l'eau. J'ai envie d'y planter une cabane; peut-être aura-t-ellc deux étages et deviendra-t-elle une petite tour regardant vers Monadnoc et les autres montagnes du New-Hampshire. C'est là, quand viendront les heures propices, que j'espère aller, avec un livre et une plume, .l'y songerai qu'une (juin/.aine de jours pourraient vous amener de Londres a Walden Pond. La vie s'écoule et ne dites-vous pas que les cheveux gris apparaissent? Il est peu d'hommes qui puissent les porter d'un cœur aussi léger. I/Angleterre et l'Amérique savent (juc les cheveux noirs, chez vous, n'ont pas recouvert un »erveau vide ; et d'ailleurs, sous des cheveux noirs ou blancs, je crois qu'il ne s'accordera de longtemps aucun repos. Plus (jue jamais, notre existence me fait l'effet iVvw être aux tout i)remiers [)a.>^. Notis sommes venus pour voir le terrain ci jeter un regard sur les matériaux et les outils.

Les hommes doués de quelque qualité positive sont des éclaireurs envoyés en reconnaissance. Nous aurons toutefois une œuvre à notre mesure et des rois pour compétiteurs. Avec mon souvenir fidèlement affectueux à votre femme.

Votre ami,

R. W. Emerson.

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