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A MARIUS ROUX
9 janvier 1868.
Mon cHER Roux,
“Now jouons de malheur pour mon article du Gaulois. Le journal est plein à crever, je ne passerai sans doute que lundi.
Voici ce que j’ai arrêté : si lundi les éditeurs et excécuteurs testamentaires ne se sont pas réunis, je laisse paraître l’article ; si le pot aux roses est découvert, je transforme l’article, je publie toujours Les Lits, mais en les mettant sous le nom de leur véritable auteur et en racontant l’histoire ‘. Donc, de toutes façons, je donne au jeune Alexis le coup d’épaule qu’il mérite.
(1) Paul Alexis venait. d’arriver à Paris, avecune certaine quantité de pièces de vers, dont l’une, intitulée Les Lits, avait été rémarquée par Zola, bien que l’influence de Baudelaire y fût sensible. Le poëte: dès :Fleürs du Mal venait de mourir. Zola écrivit à ce propos un article nécrelogique au Gaulois et eut l’idée, pour lancer Alexis d'y’ publier Les Lits comme étant une pièce inédite de Baudelaire. Tousles journaux de Paris se confondirent en louanges. Mais les exécuteurs testamentaires ayant protesté, Zola s’empressa de rétablir la vérité et fit connaître le véritable auteur.
Autre chose.
Je viens de voir Lacroix, et nous sommes décidés à laisser passer tout de suite ma charge dans Le Monde pour rire. Nous agirons ensuite auprès de L’Eclipse. Je vais donc t’envoyer mon portrait dans le plus bref délai.
Ne joint-on pas à la charge une courte biographie? En ce cas, tu voudras bien te charger de cette biographie.
Ton dévoué.
A JULES ET EDMOND DE GONCOURT
Paris, 13 janvier 1868.
CHers MESssIEuURs,
Je suis heureux que mon offre vous ait séduits. Vos trois chapitres sont fort beaux, le dernier surtout que je connaissais déja.
Voici comment je vais procéder :
Samedi soir je publierai un petit article, dans lequel je parlerai de Madame Gervaisais, sans trop déflorer le volume. J’annoncerai, dans cet article, un fragment du livre pour le lendemain dimanche. |
* Et, le lendemain, je donnerai le fragment.
De cette façon l’attention du public sera plus vivement éveillée. J’ai préféré attendre et frapper un plus grand coup.
Veuillez me croire votre bien dévoué.
AUX MÊMES
Paris, 23 janvier 1868.
MESSIEURS, |
On m’apprend, à la Librairie Internationale, que vous avez témoigné le désir d’avoir mon dernier livre .
(1) Thérèse Raquin.
Je vous croyais absents de Paris, et j’attendais votre retour pour vous en faire hommage.
Je tiens à ce que vous ne vous pensiez pas oublés de votre très dévoué et très sympathique,
M. Lacroix m’a remis Manette Salomon, ennovembre dernier, et j’ai beaucoup regretté alors de n’avoir pas un journal pour dire tout haut le bien que je pense de cette remarquable étude. Je connais votre Anatole et vos autres personnages. Je vous remercie, pour moi et pour mes amis, d’avoir écrit ces pages vivantes.