‹ Correspondance, 1904-1938Chapitre 105 sur 142 · Paul Claudel à André Suarès · texte numérisé non relu

Paul Claudel à André Suarès

Tientsin, i^'' a\Til 1909.

Mon cher ami,

Je me permets d'avoir recours à vous pour savoir ce qui advient de mes Odes dont Chapon a reçu le manuscrit au commencement de janvier. Depuis ce temps je n'ai pas reçu un mot de lui et ne sais pas du tout ce qu'il a fait. S'il jugeait ne pouvoir accepter la mission que je lui ai confiée, j'aimerais mieux qu'il me le dît tout de suite franchement. Je lui ai également envoyé une caisse de papier de Corée et un chèque de 150 francs. A-t-il reçu le tout?

Pardon de l'ennui que je vous donne, mon cher ami, mais vous devez vous résigner à ce que je vous importune de temps en temps.

Si, pour ce livre, vous pouviez ranimer de temps en temps le zèle de Chapon, vous me rendriez grand service. Très confidentiellement, s'il jugeait que le travail que je lui impose mérite une rémunération, je serais tout disposé à la lui donner.

Par un caprice de la poste, je suis privé de la Grande Revue depuis deux mois et ne suis plus vos quinzaines.

J'ai eu beaucoup d'ermuis ces derniers temps. Un coquin que j'avais dû exécuter, a dénoncé mes « menées cléricales», et sans le dévouement admirable de mon ami Berthelot, j'aurais pu passer un mauvais moment. Cela va sans doute retarder mon retour en France. Rentrerai-je même cette année ?

Je vous remercie encore et vous serre bien affectueusement

la main.

P. Claudel.

Page 1