I . — Paul Claudel à André Suarês
Fou-Tchéou, 14 décembre 1904.
Cher Monsieur Suarès,
J'ai lu avec émotion le livre pathétique que vous m'avez envoyé. Vous me trouveriez sans doute impertinent si je prenais cette occasion de vous exprimer l'estime et la sympathie que m'inspirent vos idées et votre talent.
Les dernières pages de votre livre me font espérer que vous avez trouvé ou trouverez la consolation là où elle est, n'étant que là, Ascensus cordis disposuit in conialle lacrymarum.
Je me rappelle toujours avec plaisir les occasions trop rares où nous avons pu nous rencontrer. La dernière était chez M. Pottecher. Je vous ai dû d'avoir fait la connaissance de Pindare dont la lecture est devenue une de mes grandes sources et un réconfort littéraire. Je serai en France dans quelques mois et je serais heureux que nous pussions avoir le moyen de nous retrouver.
Je vous serre affectueusement la main.
P. Claudeu