Paul Claudel à André Suarès
80, rue de Passy [Paris], i^' janvier 1926.
Mon cher Suarès, Votre lettre, réveillant le souvenir de tant d'autres! m'est parvenue le dernier jour de l'année et j'y réponds le premier jour de celle-ci qui commence. Distance ou temps, l'interruption entre nous n'a été qu'apparente. Il m'est arrivé bien souvent de penser à vous et si j'avais cessé de vous écrire, c'est que j'avais le sentiment d'avoir épuisé tout ce que la parole pouvait porter d'essentiel de l'un à l'autre. Votre souvenir et les termes si nobles et si affectueux dans lesquels vous l'exprimez, me prouvent que je m'étais trompé. J'irai donc vous voir le 12 à 3 heures de l'après-midi. Je pars moi-même pour le Japon le 14. Je vous serre la main.
P. Claudel.