‹ Correspondance, 1904-1938Chapitre 14 sur 142 · André Suarès à Paul Claudel · texte numérisé non relu

André Suarès à Paul Claudel

23 avril [1905].

Il est bien rare que j'aille à Paris. Mais certes, cher Claudel, c'est que je n'ai pas à vous y voir.

Vous êtes donc ici depuis longtemps? — Je m'en effraie; car votre lettre rend déjà le son du départ. Puisque vous avez tant à faire, je me rendrai chez vous un de ces soirs, après dîner. Les nuits de mai sont bonnes pour ouvrir la fenêtre sur le fleuve; on le voit couler, et l'on se sent vivre. Je vous ferai signe en temps voulu.

Oui, nous avons beaucoup à nous dire : j'étais sûr que vous le saviez.

Je trouve une forte douceur à cette idée. J'espère que vous aurez beau temps pour Pâques. Que le soleil soit avec vous. Mais quoi? la pluie aussi est belle. Vous et moi, nous savons qu'il y a du soleil dans la pluie même.

Je suis à vous, cher Claudel, de vrai cœur.

Su.

Paris [mai] 1905.

Cher ami,

Êtes-vous libre jeudi soir? Et voulez-vous venir dîner avec moi (7 heures), avant que je ne parte en voyage? Nous serons seuls avec ma sœur.

Tout à vous.

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