‹ Correspondance, 1904-1938Chapitre 18 sur 142 · Paul Claudel à André Suarès · texte numérisé non relu

Paul Claudel à André Suarès

Samedi 17 juin 1905.

Cher ami,

J'ai lu votre lettre avec mélancolie. Jamais plus qu'avec vous le sens douloureux de l'«In propria venit...»ne m'a paru frappant. Il n'entre pas dans ma pensée d'engager avec vous une discussion apologétique, à moins que vous ne m'y invitiez. Vous avez très bien compris mon sentiment. Je vous ai vu seul et affligé, j'ai naïvement cherché à vous faire part du seul remède que je connaisse. Il ne faut pas se résigner à la douleur. Je me suis hasardé à vous parler de cette clef merveilleuse qui ouvre toutes les portes et qu'on appelle la prière. Ne voyez là aucune entreprise indiscrète sur votre for intime. Il fallait que la question fût traitée à fond entre nous sur ce seuil de notre amitié. C'est fait. Nous ne reviendrons plus dorénavant sur ce sujet. Ne me croyez pas un prédicant, ni un apôtre, hélas !

Je veux savoir comment vous allez. Je suppose que vous êtes chez vous tout le temps ? Je tâcherai donc d'aller à Meudon lundi.

Votre ami,

P. Claudel.

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