André Suarès à Paul Claudel
Mercredi soir, 18 octobre [1905].
Les jours où je vais à Paris, cher Claudel, sont précisément ceux où vous n'êtes pas chez vous.
Nous serons plus heureux la semaine prochaine, je pense. Tout de même, nous perdons du temps, cher ami. Mais c'est la règle en tout. Nous vivons étrangers à notre vrai nous-même. N'êtes-vous pas épouvanté à vous rappeler le temps de la passion? Ces jours mortellement pleins font ensemble un grand désert de vide. On s'y est mis tout entier, et il semble pourtant qu'on les a gaspillés sans profit pour la passion même.
Adieu, cher ami, et de cœur, A vous,
Su.