‹ Correspondance, 1904-1938Chapitre 33 sur 142 · André Suarès à Paul Claudel · texte numérisé non relu

André Suarès à Paul Claudel

Jeudi 26 octobre [1905].

Serez-vous à la maison, samedi soir, cher ami ? — Après quoi, je ne vais plus sortir de quelques jours. C'est l'époque de l'année où j'ai perdu tout ce que j'ai le plus aimé. Je suis sous la coupole du glas, et j'y brûle de peine.

Je me figure pourtant que vous allez partir et passer la Toussaint à la campagne. Soyez heureux en tout cas, à bientôt et de tout coeur à vous,

Su.

P. S. J'ai un peu lu les livres de Jammes, Quel gentil enfant, c'est une femme, et un gamin : d'elle ou de lui qui a le plus de talent? — Les Quatorze prières sont de bien loin ce qu'il y a de mieux. Il me fait penser au « petit Racine » comme un colibri à une hirondelle. Mais pourra-t-il grandir? — Il est vrai qu'il n'est pas nécessaire.

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