‹ Correspondance, 1904-1938Chapitre 37 sur 142 · André Suarès à Paul Claudel · texte numérisé non relu

André Suarès à Paul Claudel

Vendredi 15 décembre [1905].

Hé bien, soit : gardez-moi la lettre, cher Claudel; vous me la rendrez à la première occasion. L'autre jour, je crevais de colère : donc j'avais tort, n'est-ce pas? — A présent, je n'y pense plus. Vous sentez ce qui m'irrite : j'ai été la victime de ces gens-là, chez eux; et ils veulent que je la sois encore chez les autres.

De temps en temps, on a l'envie d'agir, n'importe comment.

A PAUL CLAUDEL 5g

On n'est pas avide d'élever la voix — mais de réduire ces cloportes retentissants au silence.

Comment ne serait-on pas malade, dites? — plus de soleil, plus de lumière. C'en est fait, dirait-on, à jamais. Je suis là, à bayer des yciux vers le ciel, d'un mouvement convuisif comme la dorade, dans le panier, baille de toute sa bouche isocèle après son élément. Vous ne me dites pas ce que vous allez faire : est-ce à Pékin que vous serez? — Je voudrais, moi aussi, servir ce Saint Vieux Royaume aux abois, tandis que tous les chiens barbares le relancent, le bâtard allemand menant la curée. Il est trop tard — Et poiu^tant quelle bonne Éminence grise j'aurais dû faire. Guérissez -vous. Je vous serre cordialement les mains.

Su.

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