‹ Correspondance, 1904-1938Chapitre 57 sur 142 · Paul Claudel à André Suarès · texte numérisé non relu

Paul Claudel à André Suarès

Paris, 7 mars 1906.

Mon cher ami.

J'espérais que vous auriez pris sur votre timidité, laissez-moi vous le dire gaiement, ridicule, et que vous auriez vu l'excellent Mithouard. On voudrait bien cependant vous voir, aucune sympathie ne pouvant exister sans un intermédiaire physique. Je dîne chez M. jeudi et je lui dirai d'arranger quelque chose.

Je pars pour Lyon \endredi et me marie le jeudi suivant 15 mar?, sans aucune cérémonie, dans la chapelle d'un hôpital déjeunes filles incurables fondé par la grand-tante de ma femme, morte en odeur de sainteté.

En guise d'images comme celles que les personnes dévotes échangent dans les circonstances solennelles de leur vie, je vous envoie le petit document que vous m'avez demandé. Adieu mélancolique plutôt qu'espoir. Vous demandez à Dieu un miracle, or le miracle bien loin d'être seul à témoigner de la Grâce, est plutôt contraire à ses voies ordinaires qui sont douces et insensibles.

Je vous serre affectueusement la main. Écrivez-moi toujours, vos lettres me parviendront. Le mariage ne me fera pas oublier mes amis. Pensez à moi le 15.

P. Claudel.

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