‹ Correspondance, 1904-1938Chapitre 63 sur 142 · André Suarès à Paul Claudel · texte numérisé non relu

André Suarès à Paul Claudel

Paris, 27 octobre 1906.

Votre Livre est là, sous mes yeux, cher Claudel, aussi beau que vous puissiez le désirer. Ces Messieurs de V Occident ont bien fait les choses. Pour vous, du moins. Quant à mon Livre, il devait paraître le 10 octobre, et ne sera peut-être pas prêt pour Noël. Ainsi de tout. Et vous-même, dont je n'ai pas eu un mot depuis 3 mois.

Je lirai le Partage, un de ces soirs que j'aurai un peu la paix. Car je suis dans la pleine tempête. Il est vrai que je voudrais vous voir. Je n'ai pas de véritable entretien, sinon avec vous. La nmisère d'une telle solitude est grande. Chaque jour, l'horizon du désert s'étend.

Il m'a été doux de recevoir votre œuvre comme un don du poëte vivant que j'estime le plus, et le présent d'un homme que j'aime.

Ha, quel ami j'eusse été pour vous! Mais je le fus et je le suis.

Pourtant, ne m'oubliez pas. Je vous serre la main. Portezvous bien. Soyez heureux.

Su.

J'ai dû quitter Meudon. Je suis maintenant en cage, à Paris, — XIV^""^ — rue Méchain 17.

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