A MM. LES ABBÉS CHALUT ET ARNAUD
Philadelphie, 17 avril 1787.
Chers amis,
Les réflexions que vous faites sur la situation de l'Amérique, comparée à celle des nations de l'Europe, sont pleines de sens et de justesse. Permettez-moi d'ajouter qu'il n'y a qu'un peuple vertueux qui soit capable d'être libre. Plus les nations deviennent corrompues et vicieuses, plus elles ont besoin de maîtres.
Nos affaires politiques vont aussi bien qu'on peut raisonnablement l'espérer, après un si grand bouleversement. Quelques désordres ont éclaté sur différents points, mais nous les apaisons dès qu'ils naissent. Chaque jour nous réparons et nous corrigeons, aussi je ne doute pas, qu'avec le temps, tout ira bien. Tout à vous. B. F.