‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 17 sur 138 · La guerre de 1757 terminée en · texte numérisé non relu

La guerre de 1757 terminée en

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Eûtes, que, lors des négociations, Sa Majesté donnerait des preuves convaincantes de ses dispositions, par la fidélité et l'exactitude qu'il mettrait à remplir les engagements qu'il avait pris avec ses alliés; qu'enfin ce que le roi avait le plus en vue , c'était la justice et la dignité; qu'il ne s'en départirait jamais. M. de Yergennes annonça en outre à M. Grenville qu'il écrirait sans délai à l'Espagne et à la Hollande, pour communiquer à ces cours ce qui s'était passé, et leur demander une réponse; qu'en attendant, il espérait que M. Grenville trouverait d'agréables sujets de distraction en France, et qu'il serait charmé d'y contribuer; qu'enfin il instruirait le roi de cette conversation, et qu'il serait bien aise de revoir M. Grenville le lendemain.

En revenant de Versailles, M. Grenville s'exprima comme un homme qui n'était pas satisfait de certaines paroles du comte de Yergennes; il était pensif. 11 me dit qu'il avait amené avec lui deux courriers, qu'après sa seconde entrevue avec le ministre, il en enverrait peutêtre un à Londres. Je lui demandai la permission de profiter de cette occasion pour répondre aux lettres que j'avais reçues de lord Shelbume et de M. Fox ; il me promit gracieusement de mç prévenir du départ de son courrier. 11 ne m'invita pas à l'accompagner le lendemain à Versailles ; je ne m'y suis pas offert.

Les allées et venues de MM. Grenville et Oswald furent observées ; on en parla beaucoup à Paris. Le marquis de Lafayette ayant appris du ministre quelque chose de ces entrevues, m'en parla. Suivant les ordres que j'avais reçus du Congrès, de conférer avec le marquis de Lafayette et d'accepter son aide dans nos affaires, je lui appris ce qui s'était passé. Il me dit que lorsqu'on traitait à Paris de la dernière paix , le duc de Nivernois avait été envoyé à Londres, afin que la cour de France pût, par son intermédiaire, présenter sous le meilleur jour la suite des affaires,

DE BENJAMIN FRANKLIN. Al

et prévenir ainsi toute mésintelligence et tout malentendu. Qu'un tel emploi lui serait fort agréable pour plusieurs raisons; qu'il était à présent citoyen américain ; qu'il parlait les deux langues; qu'il était parfaitement au courant de nos intérêts, et qu'à tous ces titres, il croyait pouvoir se ren&re utile. U ajouta que suivant toute apparence on allait faire la paix , et que son retour immédiat en Amérique n'était pas nécessaire. Cette idée me sourit, j'encourageai le marquis à en parler au ministre. Il me demanda de le présenter à MM. Oswald et Grenville ; et, à cet effet , U me proposa de se trouver avec eux à un déjeuner chez moi; je promis de préparer ce rendez-vous en engageant ces messieurs pour le samedi.

Le vendredi matin, 10 mai, j'allai à Paris et fis une visite à M. Oswald. Je le trouvai dans les mêmes dispositions amicales, et fort désireux de mettre fin à cette guerre ruineuse. Mais je n'en fus pas plus instruit des conditions que voulait lord Shelbume. Je dis à M. Oswald que le marquis de Lafayette déjeunerait avec moi le lendemain; je lui proposai de me faire le même honneur , pour peu qu'il eût quelque curiosité de voir un personnage qui s'était tant distingué dans la dernière guerre. M. Oswald y consentit volontiers. Je rentrai chez moi avec l'intention d'écrire à M. Grenville , que je supposais devoir rester et diner à Versailles, et, par conséquent, je n'allai pas le voir; mais il était de retour, car je trouvai chez moi le billet suivant :

Paris, 10 mai.

c M. Grenville présente ses compliments à M. Franklin. Il se propose d'expédier un courrier pour l'Angleterre ce soir à dix heures; il le chargera des lettres que M. Frank* lin voudrait envoyer par cette occasion. »

Je me mis de suite à mon bureau et j'écrivis aux secrétaires d'État les deux billets suivants :

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