Plus tard Paul I*% empereur de Russie
Dans ma dernière entrevue avec M. Grenville, je loi avais donné rendez-vous pour le samedi matin.: je désirais beaucoup lui parler au sujet de ses pouvoirs; mais comme j'avais divers engagement^ ppur le jeudi et le vendredi, je n'allai point le voir et j'attendis sa visite. Le vendredi 31 mai, M. Oswald, qui venait d^arriver, m'apporta la lettre suivante de David Hartley, et deux lettres de lord Shelbume, la première desquelles avait été écrite avant l'ar rivée de M. Oswald à Londres.
DAVID HÂRTLET ▲ B. FRANKLIN.
Londres, 25 mai 1782.
Mon cher ami,
J'ai reçu, par M. Oswald, votre lettre du 13 courant; je n'ai pas douté du plaisir sincère et cordial que vous donnerait la nouvelle de la délivrance générale et absolue des prisonniers américains. Lord Shelbume avait eu la bonté de m'en faire part, en réponse à cet endroit de votre lettre du 5 avril, où vous parlez si pathétiquement d'une réconciliation amicale. Dieu veuille que ce soit l'heureux présage d'une entière réconciliation et d'une paix durablel Je serais fort heureux d'apprendre de vous une aussi bonne nouvelle et d'y contribuer pour ma part. J'ai communiqué à lord Shelburne les Préliminaires j en date du mois de mai 1782; soyez assuré que je ne fais aucune réserve en ce qui concerne l'Amérique. Vous connaissez toutes mes pensées et les principes qui les dirigent; vous pouvez juger, d'après cela, qu'elles sont invariables.
Vous voir serait pour moi le plus grand de tous les plaisirs. Je pourrais vous dire bien des choses que je ne puis vous communiquer autrement et qui peut-être aplaniraient le chemin de la paix. Il me semble que je vois de toutes parts bien des moyens d'établir une paix qui fasse honneur à toutes les parties et qui soit fondée sur des prin-
66 CK)RRESPONDANGS
dp6s dimJ^lôs* PoirtU ie cmdiHons tfvilis^ntes ou veasa- «otres qui tkrégeraimt la paix et râiîwneraient la guerre ! Pénétré n'irais-je pas trc^ loin en ajoutant que si les na* tions suiTavMit tout bonnement la rmeon et corrigeaient «[iMiqiies ftrôjugés gothi<{aes qui ne leur servent de rien, ^ simple changement les récompenserait largement du sacriâce •qt^Iles ferai^t de leurs prétentions tnntaelles, ({ni, «NKI7 yewe de ki rmswi, ne "sont que le triste fruit de la passion, de la jalousie et d'un oiiglieil mal placé. La paix ne sera jamais durable parmi les hommes tant que les principes de la raison et de I^quité ne seront point adoptés dans les transactions de peuple à peuple.
Ces réflekiofis s^adressent à toutes les nations. Quant à ce qui concerne la Grande-Bretagne et l'Amérique du ll(»rd) la récamiliatUm vst ia pien^ de touche à laquelle on reoonnaltna letccstirs stAôèreâ.
Si je puis TOUS être xMe par "des communications ou des ezpiioatiom qui conduiraient à la paix, disposez de mes servioes* Si mon offl^ parvient auî oreiUeft dhm ministre français, qi'ii n'en soit pas jtf omt. Attaché de cœur et d^aflèetion à ma {vatrie «et à rAmériqn», je p«nso nëanmdns absolument centtne tùus, qu'il font ûbserrw, en«- Ters toutes les nations^ lès Idsde la justice tft de l'hoiineur. M« Oswaid aura la complaisance de totxs remettre cette lettre : je «ouhaite de tout ooror qu'i! réttssisse dans s^on ambassade {laieiôque. Je miis tcmjours tmre tout dfivoué)
LE GOHtB ni SOnXMnMB A H. »IÂ1^11K.
WhîtehaU, 21 mû 1782.
Monsieari
J^ reçn votre lettre ék 10 oonranlt. Je isnistliarmé de toir qvs îa oondvîle qae le roi m'a autorisé à tenir envers M. iametÊÊ et l«s pirisonmers américains, vous ail été
agréable. J^ai signifié à M. Oswald que le bon plaisir de Sa Majesté, est qu'il reste à Paris jusqu'à ce qu'il reçoive l'ordre de revenir. Dans l'état présent des affaires, il ne me reste qu'à vous réitérer mes vœux sincères pour leur heureuse issue, et à vous répéter ma promesse, que je ne négligerai rien, de mon côté, pour y contribuer. J'ai l'honneur d'être avec un très-grand respect, ^B£I£urne,
LE GOUTS DS SBELBUKNE ▲ B. FBAKKLIN«
"VTbitehaïl, 25 mai 1782.
Monsieur,
J'ai eu l'honneur de recevoir votre lettre du 13 mai par M. Oswald. J*ai été charmé de voir que votre approbation confirme l'opinion que j'avais de la modération, de la prudence et du jugement de oe genUeman. Je suis heureux de vous assurer que je pense, comme vous, que ces qualités le mettront à même de contribuer à la prompte conclusion d'une paix solide et de longue durée. -C'est dans cet espoir qu'il a reçu du roi l'ordre de retourner, sans délai, à Paris, et je me flatte que vous trouverez ses instructions telles qu'il le faut pour coopérer à un objet jû désirable. J'ai r honneur, etc. Shelburne.
Je n'eus pas le temps de causer heaucoup avec Mr Oswald ce jour-là ; il me promit de venir d^euaer avec moi lundi.
Samedi 5 juitL — M. Grenville vint chez moi comme nous en étions convenus. Je ccMimiençai par lui dire que j'avais vu le comte de Yergennes, et que j'avais lu la copie de ses pouvoirs qu'il avait laissée à ce ministre. J'ajoutai qu'après ce que M. Grenville m'avait dit c que ses pouvoirs l'autorisaient à traiter avec la France etsê^AUiéê^ » j'avais été un peu surpris de voir qu'il n'j fût pas quastioa 4es alliés, et qu'on n'y parlât que de traiter avec le roi de
France et ses ministres. Â Versailles on soupçonnait que l'Angleterre avait quelque intention de causer des délais» et que le désir d'une prompte pais qu'avait exprimé la cour d'Angleterre était peut-être diminué depuis les derniers succès. Quant à moi, je supposais que la phrase concernant les alliés avait été omise, par erreur, dans la copie, à moins que M. Grenville n'eût un pouvoir spécial et distinct ^ur traiter avec nous.
11 me répondit que la copie était exacte, et qu'il n'avait pas d'autre pouvoir en forme ; mais que ses instructions étaient suffisantes, et qu'il était sûr que les ministres n'avaient aucun désir de retarder la signature de la paix ou de nous exclure du traité, puisque la plus grande partie de ces instructions concernaient ses négociations avec moi. Pour me convaincre de la sincérité de sa cour à notre endroit, il me dit qu'il me ferait part d'une de ses instructions, quoique peut-être cette communication fût prématurée et peu d'accord avec la prudence diplomatique ; mais il avait tant de confiance en moi, qu'il ne voulait pas hésiter de m'apprendre, en me priant cependant de garder l'avis pour moi, que ses instructions Vautorisaient à reconnaitre Vindépendance de V Amérique^ avant de commencer les negociations. Il ne pouvait, ajouta-t-il, expliquer l'omission de l'Amérique dans les Pouvoirs, qu'en supposant qu'ils avaient été copiés sur l'ancienne formule remise à M. Stanley, lorsqu'il vint en France avant la dernière paix. M. Gren ville ajouta qu'aussitôt après son entrevue avec le comte de Vergennes, il avait dépêché un courrier à Londres, et qu'il espérait que la difficulté serait écartée à son retour. Les derniers succès de l'Angleterre n'avaient changé en rien les dispositions de sa cour, et il avait encore plus de raison que le comte de Vergennes de se plaindre des délais qu'on apportait aux négociations, puisqu'il lui avait fallu attendre cinq jours avant d'obtenir un passe-port pour son courrier; et encore ce passe-port n'indiquait-il
pas la route de Calais, mais bien celle d'Ostende ; ce qui ferait faire perdre cinq jours de plus.
M. Grenville me parla beaucoup delà haute opinion que les ministres actuels avaient de moi, de leur grande estime pour ma personne, du désir qu'ils témoignaient d'une parfaite réconciliation entre les deux pays, et de la croyance générale en Angleterre, que personne n'était plus capable que moi de mener à bien cette réconciliation. Il ajouta que, si les anciens ministres avaient eu autrefois trop peu d'attention pour mes conseils, les nouveaux étaient tout autrement disposés, et qu'il espérait, qu'en traitant avec eux, j'oublierais entièrement leurs prédécesseurs.
Il fut un temps où un langage si flatteur, dans la bouche d'hommes puissants, aurait pu me rendre plus vain qu'aujourd'hui, et avoir quelque influence sur ma conduite ; mais à présent je suis assez près de la fin de ma vie pour estimer fort peu ce qui touche ma personne; je n'ai qu'un désir, c'est de maintenir jusqu'au bout et de laisser après moi la réputation d'honnête homme, dont j'ai joui jusqu'à ce jour.
M. Grenville me parla ensuite de la résolution que nous avions prise de ne pas traiter sans nos alliés. « Ceci, dit-il, ne peut véritablement regarder que la France, avec qui vous avez un traité d'alliance; mais vous n'en avez ni avec l'Espagne ni avec la Hollande. Si l'Espagne et la Hollande, si même la France, insistaient sur des conditions dérai* sonnables qui ne profitassent qu'à elles, serait-il juste que TAmérique fût entraînée à continuer la guerre pour des
intérêts étrangers, après avoir obtenu tout ce qu'elle demande? > Il me présenta cet argument sous divers points de vue, et y insista vivement.
J'avais résolu, pour plusieurs raisons, d'éviter toute dis cussîon ; je répondis donc que, les négociations n'étant pas encore commencées, il me paraissait inutile d'entrer, quant à présent, dans des considérations de ce genre. Les préli-
minaires une fois signés, et le traité entamé, si quelqi'une des puissances faisait à TÂngleterre des demandes extrar vagantes, et insistait pour que nous continuassions la guerre jusqu'à ce qu^on lui donnât satisfaction, il serait temps alors de considérer jusqu'où s'étendaient nos oW* gâtions. La première chose nécessaire, c'était que M. Grenyille se procurât des pleins pouvoirs; c'était ensuite à nous d'assembler les plénipotentiaires de toutes les puissances belligérantes; après quoi, des propositions pourraient toe mutuellement faites, reçues, examinées, répondues ou consenties. En attendant» je voulais lui dire, que, quoique nous n'eussions encore aucune obligation envers FEspagne par traité, nous n'avions pas moins contracté une obligation de reconnaissance pour le secours qu'elle noua avait accordé ; que M. Adams ayant» depuis quelques semaines, commencé avec la Hollande un traité, dont les conditions ne m'étaient pas encore connues, il serait possible que nous eussions aussi de ce côté une alliance et des obligations. Que, daos tous les cas, nous avions des mesures à garder avec la Hollande, puisque si l'Angleterre lui avait déclaré la guerre, c'était pour se venger des dispositions favorables qu'une partie de cette nation avait montrées à faire un traité de commerce avec nous.
M. Grenville dit qu'il serait dur pour l'Angleterre, iq^rèa avoir satisfait raisonnablement un ou deux de ses ennemis, de ne pouvoir pas avoir la paix avec eux, jusqu'à ce qu'elle eût consenti à ce que les autres exigeraient, quelque dôraisonnables que fussent leurs demandes. De cette fs/çon, l'Angleterre pourrait être forcée de payer quatre fois chaque article. Je lui fis observer que plus les propositions que ferait l'Angleterre seraient avantageuses à cha* cune des parties, plus chacune d'elles aurait intérêt à engager les autres à accepter celles qu'on leur olTrirait. Noua parlâmes alors de la réconciliation, mais ses pleins pou* voirs n'étant pas encore arrivés, je ne voulus pas m'étendre
DE BeSUÀM09 FBÂKKLIN. 11
aur oe poist Je hii dj6 qo^ i^vm eu Viâi», ie «•tli^ par écrit les moj^oa lea plus «ûrs fsm aaieiMr la réeonein UatioB, et d'y a|eute^ iiuea réite^iiens!; %m^ cela deaasKteît tto peu de le^^pet e^ ^ue j'a^a ét& emiktobé p«r div«ya accidents^ ee qui était yw^ ear j'aiate àéjkcefi(imenQéd'é>% crire, mais j'avais cessé, en voyant le défaut de ses pouwr9» Jehii poroinls d^MheTemoiL taml le plus tèt possible. Il n'en pnesa^ on se sei^ant d^vse expressiea qœ ^'«raîs employée daat une de nea eeuversa^ens ptéoédentee : • Qu'il leatalt en Amérique àes^ fmine» d» hen iNmZoér pour PAn^kterre, qui, bien ouMvées, pouvaient produite une réeeoeiliatic»!. ^ Ces mets avaient faH, disait«il^ vue grande impressicm sur son esprit et M avaient donné infiniment de plaisir, il espérait que je ne négligérais lias de lui indiquer les meyens les pluepr^me à Dounir cea reetois, et il pouvait m*assurer que mes avis seraient pria en grande eonsidératloin.
A notre déniée entrevue, M. OrenviDe m'avait mentré une lettre que le duc de Riebmond lui avait écrite pour me prier de rendre sa parole à M. Macleod, capitaine d'artillerie. Lord George LenoXi freine du duc, nommé gouverneur de Portsmouth, désirait avoir le capitaine Macleod pour aide de eamp. J'avais promis de songer à cette affaire; ce matin j'ai envoyé à M. Grenville la lettre suivante : .
A M. GREKVILLS.
Pasie^, 31 BMtl m%* ^ tlûosieur^
Je ne vois pas que j^e dss pouvoirs raffisants peur dégager la parole donnée par un officier anglais en Aménqoe; mdà& désireux de plaira au due de Riebmend autant qu'il est eu mon pouvoir, et certain que le Oongrès sera satisfait de tout ce que je pourrai faire pour obliger un personnage qu'il respecte infiniment, je oonsena que
le capitaine Macleod serve dans son grade, mais seulement en Angleterre, jusqu'à ce que la volonté du Congrès soit connue. J'écris de suite au Congrès, je ne doute pas que la réponse ne m'autorise à décharger entièrement le capitaine. J'ai l'honneur d'ôtoe, eto. B. F.
Le duc de Rîchmond avait constamment pris les intérêts de l'Amérique dans le Parlement; je pensai donc que le Congrès ne serait pas fâché que j'eusse saisi cette occasion d'ohliger le duc, et qu'il suppléerait, par son approbation^ à lïnsuffisance de mes pouvoirs. D'ailleurs, il m'eût été difficile de refuser, après ce qui s'était passé entre M. Laurens et moi, et après ce que j'avais promis de faire pour lui.
Dimanche 2 juin. Le marquis de Lafayette est venu me voir et a dîné avec moi. Il est inquiet de ces re* tards; il ne peut partir pour l'Amérique jusqu'à ce qu'il sache, avec quelque certitude, s'il y aura ou non un traité. J'écrivis ce jour-là môme à M. Adams la lettre suivante :
' A JOHN ADAICS.
Passy, 2 juin 1782.
Monsieur,
Depuis ma lettre du 8 mai, je n'ai rien eu d'important à communiquer à Votre Excellence. M. Grenville est arrivé au moment oil je venais d'expédier cette lettre; je l'ai présenté à M. de Yergennes ; mais sa mission n'a paru qu'une répétition de celle de M. Osvrald ; c'est la môme déclaration, de la part du roi d'Angleterre, de son désir sincère de la paix, de son consentement à traiter à Paris, laquelle déclaration a reçu, pour réponse, de nouvelles assurances des bonnes dispositions de la Cour de France, et de sa résolution de ne traiter que de concert avec ses alliés. C'est pourquoi j'ai différé de vous écrire jusqu'à ce qu'il sortit
quelque chose d'une espèce de convention passée entre ces messieurs, d'après laquelle M. de Yergennes devait faire part de ces ouvertures à TEspagne et à la Hollande, et M. Grenville devait écrire à sa Cour pour demander des pleins pouvoirs à l'effet de traiter et de faire des propositions; aucune transaction d'importance ne pouvant avoir lieu dans l'intervalle.
M. Grenville dépêcha à Londres dn courrier, qui revint au bout de douze jours. M. Grenville vint me voir après avoir été à Versailles. Il m'apprit qu'il avait reçu les pouvoirs, et qu'il en avait laissé une copie chez M. de Yergennes; que ces pouvoirs Tautorisaient à traiter avec la France et ses alliés. La première fois que j'allai à Versailles, je demandai à voir cette copie, je fus surpris de n'y trouver aucune mention des alliés de la France en général, ni d'aucun d'eux en particulier. En causant avec M. de Vergennes, je vis qu'il commençait à regarder tout ceci comme un artifice pour nous amuser et gagner du temps, puisqu'il avait uniformément déclaré à chacun des agents qui s'étaient présentés ici : à Forth, à Oswald et à Grenville, que le roi ne traiterait pas sans le concours de ses alliés; et malgré cela, l'Angleterre avait donné des pouvoirs pour traiter avec la France seulement; ce qui prouvait qu'elle n'avait aucune intention de traiter, mais qu'elle voulait continuer la guerre.
Ce ne fut qu'hier que j'eus occasion de causer sur ce sujet avec M. Grenville. Lui ayant exprimé ma surprise qu'après tout ce qu'il m'avait dit, ses pouvoirs' ne parlassent pas de nos États , il ne put me donner une explication satisfaisante ; il me dit que la cause de l'omission était sans doute qu'on avait copié d'anciens pouvoirs conférés à M. Stanley lors du dernier traité de paix, mais qu'il était sûr qu'on avait l'intention de traiter avec nous, ses instructions le prouvant clairement. Je lui dis qu'un pouvoir spécial me paraissait nécessaire; que, sans celai nous
U GCaaESPONJDkÀMCIfi
ne pourrioQSk paa traiter avec hû. Je peoaaque leur roi xépugne à iaire le premier pas; donner ces pouvoirs,, ce serait une espèce dd reooanaissaQAe^ de notre indépendance. Lm dersMVs succès obtenus, sur le comt^ da Grasse peuvent aus^ leur «voir donné l'espoir que, par des délais et par de nouvelW» victoires, cette reconnaissance et la paix elle-même deviendront moins nécessaires.
M. GrenviUe «^ écrit à sa Cour pour demander de «eu- Tellesinstruotions. Noua venon» ce que produira le retour de son courrier. S'il ne rapporte pas de pleins pouvoirs pour traiter avec chacune dee puissancea en guetrre avec rAngletsnre> je pense que la n^ociation sera rompues
Dans le cours de kt conversation, Ui Qrenville a beau* coup insisté sur ce qm nous n'avions aucun engagement qui noua empêchât de faire la paix sanalaJiollande* Vm répondu qu'il n'était pas impossible que inms en eussîes pris un, et que, quand même il n'mi existerait pai», une p^ eifîcation gtoênde» laite en même temps, serait ce qu'il j aurait de mieux pour toutes les parties. J'qoutai que >e pensais que ni la Hollande ai leaÉtat8*Uttia ne se laisseraient persuader d'abendonnar leurs amis. Je YOuelsBaî part immédiatement de tout ce qui se pasasra*
VeuilleE présenter mes respecte à M. I^aureM^ )i qui j'ai écrit 1 y a quelques jours. M. Jay doit être esk route pour se rendre ici.
J'ai llumnear, etc. B. F.
Le lundi 3t M. Oswald vint me voir, ainsi ^u'il me l'avait promis. Il me dit qu'il avait parlé à lord Sbelburne, à lord Rockingham et àM. Fox. Qu'ilaavaient toujouramême désir de faire la paix ; mais que quelques-uns de cea n^essieurs loi avaient paru un peu trop enflés de la dernière victoire des Antilles % et qu'observant sa froideur, ils lui
1. La flotte française oommandée par Tamiral de Gfiise^ avait
avaient demandé s'il ne regardait pas ce succès comme une très-bonne chose. « Oui^ répondit-il, si vous ne Tes- Umez pas trop haut* » Il continua à me dire avec la plus entière franchise, que la paix leur était absolument nécessaire. La Nation avait été follement engagée dans quatre guerres; eUe ne pouvait plus fournir d'argent pour les soutenir. Si le Gouvernement persistait à les oontinuer, il deviendrait absolument nécessaire de suspendre le payement de l'intérêt des fonds publics; ce qui ruinerait le crédit. Il me dit qu'il était question de suspendre tout payement au-dessus de mille livres sterling en continuant de payer les chifDres inférieurs, parce que les grosses sommes appartenaient aux gens riches, qui pouvaient mieux sr^tporter un retard d^întérôt, tandis que les petites étaient la propriété de personnes moins à leur aise, qui en souffriraient davantage, et qui feraient plus de bruit; que d^ailleurs on apaiserait les riches, en leur promettant l'intérêt de leurs intérêts. Tout ceci était dit comme si on y avait sérieusement pensé.
M. Osward a un air do grande simplicité et de parfaite honnêteté^ cependant j'ai peine à prendre ses discours pour le simple aveu de Tétat déplorable de l'Angleterre ; je crois qu'ils devaient servir aussi à. m'intinûd«r, en me montrant qu'on avait encore cette ressource^ qui pouvait produire, à ce qu'U m'assura, cinq millions sterling par an. « Quoi qu'il en soit, ajouta-t-il, nos ennemis peuvent faire maintenant de nous ce qu'ils veulent, ih <m( pied à boule (telle fut son expression), et nous e^^rons qu'ils nous feront voir leur modération et leuif magnanimité. » Il më réitéra Tassurance de la haute estime que les mi* nistres avaient pour moi, en ajoutant, qu'avec tous les hommes d'État de TAAgleterre, ils ne comptaient que sur
été battue aux Antilles par l'amiral Rodoey. M. de Grasse avait été obligé de se rendre aux Anglais.
moi pour retirer la nation de la position désespérée où elle se trouve ; que jamais particulier n'avait peut-être eu dans les mains l'occasion de faire autant de bien que moi. Il me répéta beaucoup d'autres choses semblables, et enfin me montra une lettre que lord Slielburne lui avait écrite, en partie, je suppose, afin que je pusse voir l'opinion que Sa Seigneurie avait de moi. Gomme cette lettre a quelque rapport avec la négociation , je l'insère ici. M. Oswald me l'a laissée en me priant de la communiquer à M. Walpôle..