‹ Correspondance (volume 3)Chapitre 53 sur 138 · A HENRI LAURENS · texte numérisé non relu

A HENRI LAURENS

Passy, 12 mars 1784.

Cher monsieur,

Je vous écris, souffrant beaucoup de la goutte aux deux pieds ; mais mon jeune ami, votre fils, m'ayant donné avis qu'il partait demain pour Londres, je ne pouvais pas laisser échapper cette occasion sûre; c'est peut-être la seule qui se présentera avant votre départ pour TAmérique. Je désirerais que le mien fût aussi prochain. Il m'est permis, je crois, de me plaindre de ce que le Congrès reste aussi longtemps sans répondre à ma demande de rappel. J'aimerais mieux mourir dans mon pays qu'ici ; et, quoique la partie supérieure du bâtiment paraisse encore assez solide, comme il est miné en dessous par la pierre et la goutte réunies, sa chute ne peut pas être très-éloignée.

Vous avez la bonté de m'offrir vos services. Vons ne pouvez m'en rendre, en ce moment, qui me soit plus arable que de faire accepter ma démission. Â cet égard ainsi qu'à tous les autres, je regarderai toujours votre amitié comme un honneur pour moi, étant avec une estime bien sincère, mon cher monsieur, votre, etc.

A BOSTRISS ICART HSWSON.

Passy, 19 mars 1784.

Vous finirez par m'oublier, ma chère et vieille amie, si je ne vous écris point par-ci, par-là.

Je vis encore, et trouve encore quelque plaisir à vivre, quoique je sois dans ma soiiante-dix-neuvième année. Mais je sens que les infirmités de l'âge viennent si vite, et que l'édifice a besoin de tant de réparations, qu'avant peu, le propriétaire trouvera meilleur marché de le jeter à terre et d'en bâtir un nouveau. Je voudrais bien vous voir avant, mais je commence à douter que la chose soit possible. Mes enfants se joignent à votre ami pour assurer de leur amour et vous et les vôtres.

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