‹ Correspondance (volume 4)Chapitre 92 sur 115 · Le gendre de Franklin · texte numérisé non relu

Le gendre de Franklin

qu'elle aura fait produire elle-même. Je vous remercie des saucières; je suis charmé de voir un tel progrès dans la fabrication de la porcelaine. Du fond du cœur, je lui souhaite de réussir.

Mistriss Stevenson, elle aussi, aime beaucoup qu'on lui parle de votre petit garçon. Son petit-fils, mon filleul, est un bel enfant de neuf mois. Il a un regard aitentif, observateur, sagace, comme s'il avait un grand fonds de raison; mais il ne sait pas encore assez notre langue pour nous dire tout cela intelligiblement. Sa mère le nourrit elle-même, et je l'en estime, car ici cela n'est point du tout à la mode, aussi y a-t-il un grand nombre de petits innocents qui souffrent et meurent. L'enfant s'appelle William.

Les écureuils sont arrivés sains et saufs. Vous verrez par la lettre ci-incluse avec quel plaisir ils ont été reçus. On vous envoie un millier de remercîments pour eux; quant à moi je vous remercie de la promptitude que vous avez mise à exécuter la commission. Le sarrasin et la farine de maïs sont arrivés en bon état. Ce sera un grand régal pour moi cet hiver, car, ne pouvant être en Amérique, tout ce qui vient de mon pays me console un peu, et me rappelle ma maison. Les pêches séchées sont excellentes, surtout celles qui ont été séchées sans la peau. Celles qui ont leur peau ne m'ont pas paru aussi bonnes. Les pommes sont les meilleures que j'ai jamais mangées, et n'ont reçu en route aucun dommage. L'esturgeon dont vous me parlez n'est pas arrivé, mais cela n'a pas grande importance.

J'espère que notre cousin Fisher réussira en ce pays. C'est un homme sage et honnête, et quand je l'ai vu à Birmingham, il m'a paru qu'il avait tout le respect de ses parents et de ses amis. Il lui faudrait une femme active, vive, laborieuse. Je vous ai envoyé d'Irlande une belle pièce de toile fine ; vous ne m'en parlez pas dans votre lettre du 2 décembre, et cependant vous devriez l'avoir reçue ; cela me fait craindre qu'elle ne soit perdue.

Je vous ai écrit de Dublin et de Glasgow en Ecosse. J'ai été près de sept semaines en Irlande et quatre semaines en Ecosse ; en tout j'ai été absent de Londres plus de trois mois. Mon voyage a été fort agréable; j'ai reçu mille politesses de la gentry des deux royaumes, et ma santé a beaucoup gagné par le grand air et l'exercice.

J'ai conseillé à M. Bâche de ne faire d'affaires qu'au comptant, et de se résigner à moins vendre. C'est la plus sûre façon et la plus facile de faire le commerce. Je lui ai donné deux cents livres sterling pour ajouter quelque chose à sa pacotille. Mes tendresses à notre chère Sally. Votre mari affectionné. B. F.

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