A ANTHONY BENEZET
Sur la traite.
Londres, 22 août 17T2.
Cher ami ,
J'ai fait un petit extrait de votre lettre du 27 avril, à propos du nombre d'esclaves qu'on importe et qui péris-
1. Célèbre philanthrope, né en France, mais qui passa presque
sent; j'y ai joint quelques remarques serrées sur l'hypocrisie de ce pays, qui encourage par ses lois ce détestable commerce, afin de favoriser les relations avec la Guinée, et qui, en même temps, exalte sa vertu, son amour de la liberté et la justice de ses tribunaux, parce qu'on a mis un simple nègre en liberté. Ceci a été inséré dans le London Chronicle du 20 juin dernier.
Je vous remercie de m'avoir envoyé l'adresse de Virginie; je la publierai avec quelques réflexions. Je suis heureux d'apprendre que, dans l'Amérique du Nord, on se prononce contre l'emploi des nègres. Dans ces derniers temps, on a publié ici plusieurs écrits contre la traite; j'espère qu'elle finira par être prise en considération et supprimée par la législature. Vos efforts ont déjà produit de grands effets. J'espère donc que vous et vos amis serez encouragés à poursuivre. Tous mes vœux sont pour votre succès, et je suis toujours, cher ami, votre affectionné.
À JOSEPH PRÎESTLEY *.
Algèbre morale.
Londres, 19 septembre 1772.
Cher Monsieur,
Dans une affaire d'aussi grande importance pour vous, je ne puis, faute de données suffisantes, vous dire ce qu'il faut décider, mais je puis peut-être vous dire comment on peut se décider. Dans ces cas difficiles, oùgit la difficulté?
toute sa vie dans sa patrie d'adoption, Philadelphie. Il était quaker. Benezet a immortalisé son nom en consacrant sa vie à demander l'abolition de la traite et l'adoucissement delà condition des nègres. Il est mort à Philadelphie en 1784, à l'âge de 71 ans.