Jared Sparks, Life of Franklin ^ p
2. Franklin était loin d'ôtre insensible à ces distinctions; il en plaisantait volontiers , mais au fond de l'âme il en était charmé : témoin la lettre suivante qu'il écrivit lors de ses premiers succès.
A JàMSD BLUOT.
Philadelphie, 12 avril 175S.
Le Babillard < nous parle d'une fille qui devint fîère tout à coup) sans que personne pût en deviner la raison. On sut enfin qu'elle avait une paire de jarretières de soie toutes neuves. Pour
/. 7%f Ta^Uff Jonmài de Steele,
i2n ËcossOi Franklin fit la connaissance des hommes distingués qui illustraient alors ce pays, Hume, le docteur Robertson, et lord Kames, avec lequel il se lia d'une étroite amitié. Lord Kames est oublié au** jourd'hui ; mais au dernier siècle ce n'était pas seulement un magistrat estimé, c'était un écrivain célèbre. Ses Éléments de critique^ publiés en 1772/son Esquisse d'une histoire de Vhomme^ publiée en 1773 , ont été plusieurs fois réimprimés. C'est dans ce dernier euvrage que parut pour la première fois la Parabole de V amour fraternel que, suivant toute apparence, Franklin em-
que vous ne vous étonniez pas trop, quand voua remarquerez en moi quelque chose de pareil, je crois que je ne cacherai pas mes Jarretières neuves sous mon Jupon, et Je prendrai la liberté de vous les montrer sous la forme d'un paragraphe contenu dans Is dernière lettre de notre ami Gollinson, C'est que.... Je devrais mortifier ma vanité au lieu d'y céder, et ne pas transcrire ce paragraphe, mais Je n'y tiens pas. >
« Si l'un de tes amis, m'écrit Gollinson, remarque que tu portea la tôte un peu plus haut que par le passé, qu'il sache qu'après tout il est bien permis de dresser un peu la crête quand le grand monarque de France ordonne à l'abbé Mazas d'écrire dans leé termes les plus polis à la Société Royalei afin qu'elle transmette expressément les remerclments et les compliments du roi à M. Franklin de Pensylvanie, pour ses utiles découvertes en électricité, et l'invention des tiges pointues qui préviennent les terribles effets du tonnerre. Maintenant que j'ai mis une plume à ton bonnet. Je puis finir en te souhaitant de la porter longtemps, tout à toi, PiBRRB Gollinson. »
En relisant ce paragraphe, j'ai peur de n'avoir pas autûit de raison d'être fier que ma jeune fille; une plume au bonnet n'est pas chose aussi utile, ni aussi profitable au porteur qu'une paire de bonnes jarretières. Mais l'orgueil de chacun a ses satisfactions particulières, et si Sj. Majesté m'avait envoyé un bâton de maréchal, j'en serais moins fier que de voire estime et de l'honneur de me dire sincèrement, cher monsieur, votre ami dévoué et votre humble serviteur,
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pninta de Jeremy Taylor, qui Tayait lui-même empruntée du Bostan de Sadi.
En juin 1760, après trois années de démarches, Taf- Eidre de Pensylvanie fut enfin décidée par k Bureau de commerce, et les lords Propriétaires soumis, pour leurs terres, à payer TimpAt commun. Lord Mansfield avait contribué à cette décision, moins par faveur pour la colonie que par esprit de légiste. Les légistes ont toujours été grands partisans de l'égalité par amour de l'uniformité d'obéissance beaucoup plus que par tendresse pour la liberté. Lord Mansfield n'était pas fftché d'étendre la prérogative royale aux dépens des Propriétaires et des colons.
De nouvelles affaires, où la colonie était intéressée, retinrent Franklin en Angleterre durant l'année 1761. Suivant sa coutume, il employa Tété à faire un voyage, et, cette année-là, il visita le continent et revint pour assister au couronnement de Geoige m.
"Au commencement de 1762, Franklin songea sérieusement i retourner en Amérique. M. Strahan, son ami, essaya plus d'une fois de le décider à s'établir en Angleterre, et il écrivit même à mistriss Franklin pour tâcher de la faire consentir à ce projet.
t II a insisté plusieurs fois, écrivait Franklin à sa femme ^, pour que je restasse en Angleterre et pour que je vous engageasse à venir ici avec Sally. Il m'a &it plusieurs propositions avantageuses, et qui sont fondées en raison. Sa famille est fort agréable; mistriss Strahan est une femme bonne et sensible, les enfants sont d'un aimable caractère, surtout le jeune homme,
1, Londres, 6 mars 1760.
DE BENJAMIN FRANKUN. 25
qui est sensé, ingénieux, laborieux, et qui ferait un parti désirable. De ce o6té, nulle objection. M. Strahan est dans une situation à mettre de cAté chaque année mille livres sterling, tous frais de maison et toutes dépenses payés. Néanmoins, Je lui ai donné deux raisons qui m'empêchent de m'établir ici : Tune, c'est mon amour pour la Pensylvanie, les vieilles amitiés et les liaisons que j'ai Ik-bas; l'autre est votre invincible aversion à passer les mers. Et si vous ne venez ici, puis-je penser à mettre une pareille distance entre ma fille et moi? Je l'ai donc remercié de son aimable proposition, mais je ne lui ai pas donné l'espoir que je vous enverrais ses lettres. Vous Ates donc libre de lui répondre ou non, suivant que vous le jugerez convenable. Faites-moi toutefois connaître votre opinion. Ne montrez la lettre à Sally que si vous le jugez à propos. »
Il n'est pas douteux qu'au point de vue de la fortune, Franklin eût gagné k suivre l'avis de M. Strahan , mais il avait des motifs plus élevés, et l'événement prouva qu'il avait pris le meilleur partie La Providence lui destinait un plus grand rôle que celui d'imprimeur à Londres : elle lui réservait l'honneur d'affranchir son pays.
Revenons en arrière. Voici les principales lettres écrites dans les années 1760-1762: