Lord Bute était le favori de Georges III
A GADWALLADER EYANS.
De la représentation des colonies dans le Parlement,
Londres, 9 mai 1766.
Cher Monsieur,
J'ai reçu votre bonne lettre du 3 mars, je vous remercie des nouvelles et des indications qu'elle contient. Je m'étonne des plaintes dont vous parlez. J'ai toujours considéré qu'écrire au président de l'assemblée, c'était écrire au comité. Mais s'ils aiment mieux que je leur écrive conjointement, je le ferai à l'avenir.
En ce qui touche l'union en parlement des deux pays, mon opinion particulière est que ce serait le profit de tout le monde. Mais je crois que cela ne se fera jamais. N'eussions-nous pas plus de représentants que n'en a l'Ecosse , nous serions , selon moi , assez forts dans la chambre pour empêcher, comme font les Écossais, qu'on ne vote rien à notre désavantage ; mais à présent nous ne sommes en état ni de fournir ni d'entretenir un pareil nombre de membres , et quand nous serons en état de le faire) nous en aurons moins le désir qu'à présent. Aujourd'hui le Parlement a une trop haute idée de lui-môme pour nous accorder des représentants, si nous le demandions, et quand il désirera nous en accorder, nous aurons une trop haute idée de nous-mêmes pour Paccepter. Certes, BÏ l'Irlande et toutes les possessions britanniques étaient unies et consolidées en un conseil commun, chargé des intérêts généraux, tandis que chaque État garderait son parlement particulier pour ses affaires domestiques, cela contribuerait à la force de Tensemble. Mais il aurait fallu le faire plus tôt. Dans l'enfance de nos établissements, on a négligé de le faire, ou on n'y a pas pensé. Et maintenant Paffaire en est an môme point que le fameux projet
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de frère Roger Bacon, cpii voulait enceindre l'Angleterre d'un mur de bronze pour lui donner une éternelle sécurité. Le serviteur de Bacon, frère Bungey, se mit à dormir, tandis que la tète de bronze qui devait dicter comment se ferait le mur, prononça les mots : H est temps ^ et il était temps. Le moine ne se réveilla que pour entendre dire : Le temps est passé ; suivit une explosion qui fit tomber la maison sur la tète du sorciers
Comme vousj'espère que ma présence ici, en ces circonstances, a pu être de quelque utilité aux colonies. Je suis sûr de ne pas avoir épargné mes peines. Et quant à notre affaire particulière', je ne doute nullement que nous n'obtenions ce que nous désirons si justement, pourvu que nous ne cessions pas de le désirer. Avec une grande estime, je me dis, cher ami, votre affectionné, B. F.
A MJSTRISS DÉBORAH FRANKLIN.
Londres, 13 juin 1766.
Ma chère enfant,
Mistriss Stevenson achève pour vous un paquet de mercerie, qui partira avec le capitaine Robinson. On vous enverra aussi un autre manteau pour remplacer celui que nous supposons perdu. Je vous ai écrit que j'ai été fort souffrant dernièrement. A présent je suis presque guéri, mais faible; demain je pars avec mon ami le docteur Pringle (aujourd'hui sir John) pour Pyrmont oîi le docteur va boire les eaux; moi je compte plus sur l'air et le mouvement. Habitué à faire un voyage chaque année, le manque d'exercice m'a fait mal l'an dernier, à ce que je crois ; je ne puis pas dire que j'aie été ce qu'on appelle malade , mais j'ai été languissant tout l'hiver dernier